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VISITE A GHOOM (Darjeeling, 6.06.2011).

 

 

 

VISITE A GHOOM

 (Darjeeling)

 

 

 LE TRAIN MINIATURE

 


Aujourd'hui, je vais à Ghoom par le Toy Train, un train miniature construit par les Anglais au XIXe siècle.

A la gare de Darjeeling, j'achète un billet pour le train habituel.

Il existe des trains touristiques, beaucoup plus chers, où les étrangers se regroupent.

Les préparatifs sont assez longs : mise en place des wagons, arrivée de la locomotive. Le convoi ne démarre qu'à 10h15.

 

Dans mon wagon, les passagers sont tous Indiens. Certains adultes sont aussi excités que leurs enfants.

Chacun veut photographier ou filmer la montagne.

Je suis obligé de demander à un couple de s'asseoir, car il m'empêche de voir le paysage. 

 

Ghoom est la première station de la ligne au sud de Darjeeling.

Le train roule lentement, parcoure huit kilomètres en une demie heure.

Je repère à droite de la voie ferrée l'Ava Art Gallery, puis un immense monastère bouddhiste.

A Batasia Loop, le convoi décrit un cercle autour du monument commémoratif. Les photographes réagissent aussitôt.

 

 

MONASTÈRE SAKYA CHOLING

 

 

Ghoom est connue pour ses monastères bouddhistes.

De la gare, je descends la route jusqu'au Sakya Choling Gompa, repéré dans le train.

Une arche d'entrée donne sur un pont métallique, surplombant un ravin. Les détritus s'y accumulent...

Enfants et adolescents, en robe de moine, jouent au base-ball dans la cour.

 

Des escaliers mènent à un grand moulin à prières, puis jusqu'à la cour principale au sommet.

Une grande roue de bois est couchée au milieu de la cour.

Je salue d'un signe de tête quelques anciens, assis sur un banc.  

 

Dans la salle de prière, un moine psalmodie et chante, livre ouvert. Un second moine fabrique des bâtonnets d'étoupe.

Dans l'obscurité, je m'assieds près d'une fenêtre pour écrire.

Cette salle est presque identique à celles du Ladakh, de l'Himachal ou d'autres zones bouddhistes.

 

Un moinillon entre, allume quelques lampes, deux néons et repart.

Quand je récupère mes sandales, il éteint et ferme la salle.

Une petite pièce contient des dizaines de lampes à huile allumées. 

Des moines redressent joyeusement la roue de bois, la font rouler contre un mur. 

 

Je passe à l'accueil, où des Indiens viennent d'arriver. Pour s'informer, ou peut-être pour y loger. Ce gompa contient 82 chambres.

Le temps se couvre. La brume descend sur la ville. 

Après un tour du monastère, je repasse le pont métallique.

 

 

MONASTÈRE YIGA CHOLING

 

 

Un panneau indique la direction du Yiga Choling Gompa.

On traverse une rue d'échoppes, puis la nature réapparaît.

Le brouillard s'épaissit. Je photographie l'arche d'entrée, mais le monastère est noyé dans le brouillard.

 

J'entre à l'office, personne.

Je passe dans le hall de méditation. Surprise ! Une vingtaine de personnes dorment sous des couvertures contre les murs.

Ce sont des femmes. Il n'est pas midi. Drôle d'heure pour dormir. 

 

Dans la cour, des hommes repeignent les bancs et l'accès vers la salle de prières.

Un Anglais en robe de moine m'aborde. Il loge ici pour une retraite d'une dizaine de jours.

Et ces travaux de peinture ? C'est en l'honneur d'une grande fête, le 16 juin, qui attirera beaucoup de monde

Le célèbre Ananda Govinda a fondé ce monastère vers 1850.

Je crois avoir vu un livre de lui chez Albin Michel : "Les nuages blancs d'inconnaissances". Ce serait aussi une plaisanterie au sujet du brouillard de Ghoom !

 

Dans la grande salle, une vingtaine de personnes, moines et laïcs, sont réunies. Beaucoup prennent la parole.

Pas question de photographier.

Mais les fresques anciennes sont magnifiques. Une statue du Bouddha Maitreya. Je reviendrai après manger.

 

Je trouve une dhaba près de la gare de Ghoom.

Des jeunes hommes mangent, discutent vigoureusement et s'enfilent des bières.

Des habitués et le personnel me regardent écrire avec curiosité.

Les momos sont corrects.

 

Après le repas, je retourne au Yiga Choling

Disparaissant dans le brouillard, plus dense que ce matin, le Yiga Choling mérite son surnom : "monastère des ténèbres".

On ne voit rien à quelques mètres...

 

La salle de prière est gardée par un jeune moine.

Il me donne un autocollant avec le site du monastère. Je m'assieds et sors cahier et stylo.

-"12 roupies !", précise-t-il. Et de rajouter : "One photo, 10 roupies !"

Quel sens des affaires ! J'oublie ce businessman en écrivant.

 

Le bois donne un côté chaleureux à cette salle. Plancher, plafond, la balustrade circulaire autour de Maitreya, la plupart des meubles...

Les couleurs vives renforcent cette impression.

Le rouge carmin domine sur les colonnes, les meubles, les carrés du plafond à caissons.

Et le jaune habille le plafond, éclaircit les trois bibliothèques. Deux coiffes de cérémonie surmontent un gong.

 

Le temps passe.

Des bougies allumées font tourner trois moulins à prières.

Il pleut, le moine s'est endormi. Cet endroit est triste, tout le monde ne pense qu'à dormir.

Le moine sort pour se dégourdir.

J'arrive à la fin d'une page. Bon moment pour errer de nouveau.

 

 

BROUILLARD ET CRACHIN

 

 

Pluie et brouillard, un cocktail sinistre, idéal pour le tournage d'un film d'horreur ou de fantômes...

Visiter d'autres monastères ? Je n'en ai plus envie.

 

A la gare de Ghoom, j'attends en vain l'arrivée d'un train.

Cacaouettes, puis un thé pour patienter, me réchauffer.

J'ai froid dans ce brouillard, pimenté de crachin.  .

Alors je grimpe dans une jeep collective, plus rapide.

 

Au retour à Darjeeling : grand soleil et températures douces.

C'est le contraste habituel en montagne...

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 12:42, le 6/06/2011 dans J. VISITE a GHOOM (Darjeeling), Ghum
Mots clefs :

MONASTERES, TEMPLES de SARNATH (23.08.2009).

 

 

MONASTÈRES, TEMPLES  

 

 

de SARNATH

 

 

 

 

   

Sarnath regorge de lieux bouddhistes : monastères, temples, stupas, sociétés, associations, etc.   

 

N'ayant visité le village qu'une journée, je ne prétends pas à l'exhaustivité.
Mon but est de donner un aperçu de quelques lieux bouddhistes de Sarnath.

 

 

 


À droite du portail d'entrée du monastère tibétain, un texte peint sur le mur résume le drame du Tibet depuis son occupation par l'armée chinoise.
Dans la cour à droite, grande sculpture de Bouddha. Un texte est dédié à ceux qui ont donné leur vie pour libérer le Tibet occupé.
L'endroit semble idéal pour y passer quelques nuits. Beaucoup de chambres sont inoccupées.

 

 

 


A l'intérieur du temple, une femme médite.
Il n'est que 7h du matin, beaucoup de résidents dorment encore ou se lèvent tranquillement.
A 6h30, je loue un autorickshaw à Varanasi. En trente minutes, je me trouve à Sarnath.
A la guesthouse de mon ami Mathias, je laisse un mot, car les Français dorment encore.
La journée s'annonce belle, pas de pluie de mousson à l'horizon...

 

 

 


Le monastère japonais est tout proche.
Construit vers 1985, son style typiquement japonais semble intemporel.
Le beau jardin est parsemé de deux stèles, d'une statue de Bouddha...
Celle-ci le représente au parc aux Cerfs, prêchant la Voie du Milieu.

 


L'intérieur du temple est design, dépouillé.
Verticales et horizontales se croisent à angles droits, sans fioritures.
En revanche, le fond du temple est surchargé de statues, de lampes, de photos et autres objets souvent dorés. Le sacré prolifère en produits dérivés.

 

 

 


Surpris, j'admire une statue du Bouddha couché.
On s'attendrait à la trouver à Kushinagar, mais à Sarnath ?
Je suis seul et j'en profite pour la photographier à loisir.
Ses pieds sont très allongés. Cela a-t-il une signification particulière ?

 


Ce temple est d'un goût exquis à l'extérieur.

Je m'attarde un peu dans le jardin.
Simplicité dans la beauté.

 

 

 

 


Dans une rue parallèle, je passe devant un vieux portail abandonné, rongé par le temps.
Je le préfère cent fois au portail actuel du temple chinois !
Lequel rouge vif, massif et moche, me fait douter du bon goût chinois.

 

 

 


Le jardin est soigné, accueillant.
Buis, arbres, lanternes, guirlandes multicolores, agrémentent l'espace.
Mais les portails des quatre accès latéraux sont fermés. Impossible de vagabonder dans le jardin !
Seule la voie centrale menant au temple est ouverte.

 

 

 


L'intérieur est quelconque.
En revanche, je saute de joie en voyant un grand panneau visualisant sur une carte de l'Asie les voyages de mon ami HUANZONG ! (grand voyageur chinois du VIIe s.)
Je travaille en ce moment à un article sur son périple en Inde.

 

 

 


Après un petit déjeuner, j'attends 9h30 en écrivant.
Le gérant de la guesthouse m'a proposé de prendre le petit déjeuner avec le quatuor de Frenchies.
Je les rejoins attablés dans le jardin.
J'ai connu Mathias au Ladakh en 2007.
J'ai voyagé une dizaine de jours avec lui et ses deux enfants à Shey, Chemrey, Thiksé.
Nous avons même randonné dans le Cham (voir un article dans le blog "inde2").
Cette fois Mathias accompagne une amie et deux cousines.

 

 

 


Dans l'après-midi, je n'ai pas le temps de visiter les monastères thaïlandais et birman.
Je passe devant des dharamsalas, des bâtiments de la Mahabodhi Society ou d'autres associations.
Dans le blog "jainiste", je parle brièvement du temple jaïn, situé près du Grand Stupa, le monument le plus célèbre de Sarnath.

 

 

 


Le Grand Stupa (Dhamekh Stupa) mesure 35 mètres de haut.
Quand on visite les ruines archéologiques, on cherche inconsciemment à l'apercevoir. On espère trouver l'angle idéal pour le dessiner ou le photographier.
Sa silhouette est massive.
Sa base de pierre, remontant au IIe s., av. J.C. a un diamètre d'environ quarante mètres. Elle est décorée de frises florales et géométriques discontinues.
La partie supérieure en briques, cylindrique, est remaniée au VIIe s.
Cette masse de pierre et de briques n'est pas comparable au chef d'oeuvre de Sanchi, le merveilleux stupa n.1...

 

 

 


La plupart des temples et monastères, ravagés par des raids d'armées musulmanes se réduisent à leur infrastructure, au raz du sol.
On peut citer le Dharmarajika stupa, ou le vieux temple Mulgandhakuti (rappelant le lieu où Bouddha passe sa première mousson à Sarnath).
Je suis très déçu, en voyant les misérables restes du célèbre pilier d'Asoka.
De plus, ils sont protégés par une cage grillagée, qui les masque en partie...

 

 

 


À l'extérieur des ruines, on a construit en 1931 un nouveau 
Mulgandhakuti Vihara.
Il contient des reliques de Bouddha.
Les murs sont décorés de fresques du peintre japonais Kosetsu Nosu.
A côté, une enceinte protège un banian sacré, issu d'une pousse venant de l'arbre pipal du Sri Lanka.

 

 

 

 
 
 
 
Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 10:50, le 23/08/2009 dans I3. MONASTERES, TEMPLES de SARNATH, Sârnâth
Mots clefs :

SARNATH, MUSEE ARCHEOLOGIQUE (23.08.2009).

 
 
SARNATH, le MUSÉE

ARCHÉOLOGIQUE

 




 


Un voyage en Inde peut parfaitement se justifier pour visiter le musée archéologique de Sarnath. On ne ressort pas de tous les musées, conscient d'avoir vu plusieurs oeuvres exceptionnelles.

 

C'est le cas du musée de Sarnath.

 


Dans la guérite du jardin, on doit déposer sacs, appareils photo et caméras dans des casiers.

 

Dommage qu'on ne puisse photographier les oeuvres...

 

Dès l'entrée, une bouffée de fraîcheur nous euphorise.

 

La climatisation fonctionne à plein régime !

 

De plus, cette salle d'entrée est la plus belle.

 
Elle présente de nombreux Bouddha du Ve s, dans la posture de l'abhaya (offre de protection).
Deux énormes ombrelles de pierre, dont l'une est perchée sur son axe, donnent une idée de l'échelle des statues.
Et une Tara bien conservée, dont les seins en pamplemousse semblent prêts à exploser au moindre souffle...

Dans l'aile droite du musée, une salle regroupe les oeuvres hindoues.
Elles sont souvent abimées...
Mais une grande sculpture du XIIe s. est intéressante. Elle représente Shiva luttant contre le démon Andhaka.


La salle d'entree s'ouvre sur le célèbre Chapiteau aux Lions.
Il coiffait la colonne d'Asoka (IIIe s. av.J.C.), dont on peut voir des tronçons sur le site archéologique.

 

Du bloc de pierre jaillissent quatre lions sculptés avec leur tête, leur poitrail et leurs deux pattes antérieures.

 
Ils montrent les quatre points cardinaux, gueule ouverte, babines retroussées et crocs agressifs. Leur physionomie est ouverte, déterminée.

 


 

Au-dessus de leurs têtes était posée une Roue de la Loi en pierre.

 
Certains fragments de cette Roue sont exposés contre le mur.
 
Les pattes des quatre lions reposent sur un anneau, décoré d'une roue et d'un animal, en alternance.
 
Les animaux sont symboliques : taureau, cheval, lion et éléphant.
 
Le socle de l'anneau est une base sculptée en bouton de lotus, dont les nervures lisses sont très apparentes.
 

 
Ce bloc de pierre est massif, très stable, à l'image de la stabilité de la Loi bouddhique.
 
Le dynamisme de la Roue est lisible dans les boucles tourmentées de la toison des lions, les multiples rayons des roues, ou sur le bouton de lotus, dont les nervures rebiquent.
 
Et regardez ! Le cheval galope, le lion remue sa longue queue, tout change et se transforme...

Ce chapiteau est vraiment un chef d`oeuvre de l'art maurya, époque du grand empereur Asoka.
L'Union indienne l'a choisi comme symbole.
Il est dessiné au recto de tous les billets de banque indiens, en bas à gauche de chaque billet.

 
Mon oeuvre préférée du musée archéologique de Sarnath, représentative de la période gupta, est un Bouddha en posture d`enseignement.
 
Le siècle n'est pas précisé. Je suppose que c'est le Ve s. après J.C.
 
Son état de conservation est exceptionnel.
Seules les mains sont un peu abîmées, ainsi que les deux anges, en haut de la Roue.

 
La grande pureté de style de ce groupe sculpté me réjouit.
 
Art classique, qui maîtrise à la perfection les lignes et les symboles.
 
Tout est à sa place.
 
Changer un élément reviendrait à détruire l'harmonie de l'oeuvre.

 
L'oeil est d'abord attiré par le Bouddha, assis en posture de yoga.
 
Les deux plantes des pieds regardent le ciel.
 
Dos vertical, épaules bien en place.
 
Les mains se touchent, aériennes, et papillonnent.
 
La tête est droite, sereine. Les paupieres baissées, presque closes.
 
Le corps est fin, sans excès de graisse.

 
L'attention se fixe ensuite sur la tête du Bouddha.
 
Au sommet du crâne, un chignon. Les nombreuses bouclettes rendent visible une chevelure rase.
 
Le front est dégagé. Beauté des arcades sourciliaires, du nez et des yeux baissés.
 
Une lèvre inférieure plus épaisse donne à la bouche un aspect sensuel.
 
Les oreilles, étirées en longueur, ne détruisent pas cette impression d'harmonie.

 
Bouddha est assis sur le symbole d'une fleur de lotus.
 
Sous le siège, le public est représenté par six personnes en prière.
 
Au milieu, la Roue de la Loi avec deux cerfs (ou deux biches).
 
Derrière le Bouddha, une grande Roue stabilise l'ensemble sculpté.
 
Au niveau des coudes, deux léogryfes debout se dressent vers l'extérieur.

 
Ce Bouddha est une oeuvre magnifique, sublime sous un angle spirituel.
 
Avec ce groupe sculpté aux dimensions humaines, l'art gupta atteint son apogée.
 
La beauté du visage dégage une sérénité exceptionnelle.
 
L'aisance de la posture des jambes et des pieds, l'agilité des mains donnent au corps sa souplesse.
 
La Roue du Dharma symbolise cette perfection. Sculptée du côté extérieur, elle reste lisse en son coeur pour mettre en valeur la tête du Bouddha.


 
Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 08:46, le 23/08/2009 dans I2. SARNATH, MUSEE ARCHEOLOGIQUE, Sârnâth
Mots clefs :

MONASTERE BIRMAN (BODHGAYA). (17.08.2009).


 

MONASTÈRE BIRMAN

 
 

(BODHGAYA)


 

 



 

 

Si vous cherchez une chambre à Bodhgaya, au rapport qualité-prix imbattable, vous la trouverez certainement au monastère birman.
C'est un de mes lieux préférés au cours de ce voyage 2009.


Grâce à plusieurs bâtiments, parmi les dizaines de chambres, il y en a toujours une de libre pour vous !
L'accueil est simple, discret, efficace.
Je m'inscris dans leur registre plus de 24 h après mon arrivée...
Je règle six nuitées, non à la réception (vide à ce moment), mais à un moine, qui lisait son journal dans la cour...


Les chambres sont grandes, propres.
Beaucoup sont dotées de moustiquaires suspendues au-dessus du lit ! (Bien sûr, les fenêtres et la porte sont protégées par des moustiquaires permanentes).
A chaque étage, des douches et toilettes sont accessibles.
Depuis longtemps, je préfère une chambre sans salle d'eau. Celle-ci attire les bestioles gênantes...

 

Vive douches et toilettes à l'extérieur des chambres !


Une chambre ne coûte que 100 roupies la nuit.
On y reste le temps qu'on veut.
On ne viendra pas vous relancer pour vous faire partir !


Le monastère est un espace préservé, calme, très verdoyant et propre.
Quand je sors le matin, le contraste est saisissant...
Je m'élance dans une rue poussiéreuse, agitée.
On crie autour des autorickshaws, les moteurs pétaradent...
La boue, la poussière, les gaz d'échappement mélangent leurs miasmes...


Dans la grande cour du monastère birman, on entend souvent le chant des oiseaux.
Les quelques chiens sont aussi calmes que les humains.
La majorité des résidents sont des moines bouddhistes.
Dans le bâtiment où je loge, beaucoup de chambres sont inoccupées à partir du 2ème étage.

J'occupe une chambre au 1er étage, assez près du toit du temple.
Tous les matins, je grimpe sur le toit terrasse.
Le lever du soleil est rarement spectaculaire. Cette semaine, la mousson charge le ciel d'épais nuages.


Sur le toit, je dérange de nombreux oiseaux, très farouches, attirés par les arbres magnifiques de la cour.
Tourterelles, aigrettes, hérons, et tous ceux dont j'ignore le nom...
Pour les photographier, armez-vous de patience.
La patience, seule vertu vraiment indispensable en Inde.


 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 10:17, le 17/08/2009 dans G4. MONASTERE BIRMAN (BODHGAYA), Bodh-Gaya
Mots clefs :

QUINZE AOUT a BODHGAYA (15.08.2009).

 
QUINZE AOÛT à BODHGAYA



 

Ce matin, 15 août 2009, un défilé parcourt les rues de Bodhgaya en l'honneur de la Fête de l'Indépendance de l'Inde (15 août 1947).
En tête, une fanfare, dont les musiciens portent un vêtement traditionnel multicolore, avec une coiffe de casoar. 
Je compte un trombonne, deux trompettes, une clarinette, un tambour, des hochets... et un éphèbe magnifiquement déguisé... sans instrument (la mascotte de la fanfare ?)


Le cortège s'immobilise au niveau de la poste, en contrebas du temple Mahabodhi.
En face, le petit square, où le buste blanc de Gandhi est honoré. 
Un homme passe une guirlande de fleurs au cou du Père de la Nation.
Le square est pavoisé aux couleurs de l'Inde.


Derrière les musiciens, une bannière blanche porte cette inscription : 

 
jeanamitabh BOARDING SCHOOL

Le défilé reprend.
Des groupes d'écoliers en uniformes avancent, certains jouant du tambour.
Sur un cheval, une jeune fille, tunique orange, tient un sabre...
 
Le cheval, couvert de pompons, de grelots et de colliers, est tenu en bride par un barbu enturbanné.
La cavalière porte sur son dos un bébé de chiffon.


Ensuite avancent des jeunes filles en sari blanc, liseré de rouge, tenant chacune un grand drapeau de l'Inde.
Derrière, des garçons en kimonos rouges, dont seuls les quatre premiers ont un petit drapeau de l'Inde.


Un char à boeufs, pavoisé de rameaux, transporte quatre garçons debout, visiblement déguisés.
Qui sont-ils ?
Je crois reconnaitre un Hindou, un Musulman et un Sikh.
Mais qui est le quatrième ? 
Impossible d'y voir un Bouddhiste ou un Chrétien...
Il ressemble à un cow boy !


D'autres écoliers, porteurs de drapeaux, en uniformes bleus, puis blancs se succèdent.
Sur un véhicule, une jeune fille debout se tient raide. C'est Miss India, coiffée d'un diadème doré, et portant le drapeau national.
Son visage maquillé et inexpressif, peu intelligent, me frappe.

Un véhicule transporte aussi une singulière potence.
Quatre jeunes hommes portent la corde au cou !
Ils reprennent en choeur un sloggan, sans se lasser.


Derrière, un tracteur décoré tire un grande charette.
Dans une jungle d'opérette, une demi douzaine de garçons, grimés en soldats, prennent des poses, miment la guerre.
Un garçon menace les autres de son arme avec délice en criant des ordres...


Je prends des photos des participants.
Je les inserrai dans cet article dans quelques mois.
L'après-midi, je visite une poignée de monastères bouddhistes.


 
*           *           *

 

Au delà du parc de Bodhgaya, le monastère chinois est fermé pour travaux.
A travers les vitres encrassées, difficile de voir les statues de l'immense salle du temple.
Un escalier en colimaçon rouge me plaît.
Dans le petit temple côté cour, je m'essaye à photographier une bougie flottante.


A côté, le monastère de Taïwan possède un temple minuscule, doté de trois grandes statues. Dont un Bouddha obèse, tout sourire...
Le nombre de chambres est considérable et des travaux sont en cours.
Du haut de sa terrasse, vue large sur un monastère tibétain, les gens dans leur cour, panorama sur la campagne...


Apres le musée archéologique, je longe le monastère du Bengla-Desh.
De la route, un grand Bouddha pastel ne passe pas inaperçu.


Le monastère royal Thaï me fait un peu peur.
Je me souviens du temple thaïlandais de Lumbini, copieuse pâtisserie blanche...
Ici, l'extérieur frise parfois le kitsch chic...
J'apprécie peu à peu ce style déconcertant. Je photographie surtout des détails : bouts de fenêtres, vitraux...


A ma surprise, l'intérieur du Royal Thaï me retient un moment.
Les revers de fenêtres sont magnifiquement gravés. 
Les vitraux sont originaux, leurs couleurs donnent une ambiance méditative.
En levant la tête, on découvre sur les murs de très belles fresques, illustrant des traversées océaniques, des explorations maritimes.

Quelques citations, éparpillées ça et là, invitent à la méditation. 
En voici deux :
-"Through wishdom one reaps happiness."
-"You should establish yourself in virtue, if you want to be successful in your life."


En tournant à gauche, je remonte la rue des monastères.
Une grande statue de Bouddha debout n'est pas accessible.
Puis j'ai envie d'entrer dans la Guesthouse du Sikkim.
Discussion avec le manager, originaire du Sikkim, qui vante ses montagnes et m'incite à y aller. Comme si j'avais besoin d'encouragement...


Le temple du Bhoutan est fermé, mais j'entre dans le temple tibétain Karma.
L'ensemble est récent. Les fresques extérieures respirent de fraîcheur.
A l'intérieur, d'autres fresques illustrent des épisodes de la vie du Bouddha (naissance, éveil, enseignement, nirvana).


A la sortie, je m'attable à la terrasse d'une dhaba (jus de fruit et boules au miel), exténué par la canicule hyperhumide, très désagréable.
Trois minus me persécutent, car je suis le seul étranger dans le coin. Ils s'exercent avec obstination à la mendicité, reprenant en choeur un slogan...
Je choisis l'indifférence totale. Avec de la patience, cela marche toujours. Cette fois, ces teignes abusent longtemps de la mienne...


Le temple japonais Daijokyo compte des deux côtés de l'allée un alignement de lampes de terre cuite.
A gauche, cet alignement s'incurve dans le jardin jusqu'à la statue d'un homme qui prie.
Dans le temple, la grande salle semble vide. Au fond, une sculpture de Bouddha, dans un cadre riche, où le doré domine.


Plus loin, les japonais ont construit une statue de 25 mètres de haut, dans le style Kamakura.
C'est un Bouddha assis, inauguré en 1989 par le Dalaï Lama.
Autour, les statues de dix disciples, cinq de chaque côté, complètent cet ensemble à la gloire des fondateurs du bouddhisme (Rahula, Ananda, Mahakassapa...)
Un orage me chasse de l'enceinte.
Je m'engouffre dans un rickshaw pour échapper à la douche.


 
Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 08:49, le 15/08/2009 dans G3. QUINZE AOUT a BODHGAYA, Bodh-Gaya
Mots clefs :

BODHGAYA ou ILLUMINATION (interpretation) (17.08.2009),

 
 
BODHGAYA ou
 
l'ILLUMINATION

(interprétation)

 

 

 


S'asseoir à l'ombre d'un banian.
Faire le vide, repousser les parasites de l'esprit.
Partir dans l'immobile à la recherche de la Vérité !

Sommes nous capables de comprendre - en ce monde obsédé par le téléphone mobile, internet, le zapping télévisuel et intellectuel, les écrans stressés et stressants - sommes nous encore capables d'une démarche comme celle de Siddharta Gautama ?

Méditer à l'ombre d'un banian.
Descendre dans ses abysses obscures, où l'ignorance, l'envie, la colère jouent à cache-cache avec leurs soeurs siamoises ?

Peut-être me faut-il empreinter la même Voie, spirale aspirée par le gouffre, pour raconter une telle aventure de l'Esprit.
Et creuser le labyrinthe de nos monstruosités pour atteindre au fond du puits, tout au fond, la Lumière ?

Le Bouddha l'a souvent répété : il n'est ni un dieu, ni le messager d'un dieu.
Ce qu'il a réussi, un autre homme peut l'accomplir.

Les maladies, la vieillesse, la mort forcent le jeune Siddharta à abandonner palais, famille, richesses. Il commence l'ascèse rigoureuse d'un ermite.
Au bout de six ans, il manque mourir de privations et d'invraisemblables austérités...
Par souci d'efficacité, il choisit une ascèse plus équilibrée, sa future Voie du Milieu.
Décidé à parvenir à l'Éveil, il médite plusieurs semaines sous un arbre de Bodhgaya.

Ainsi donc,
méditer en profondeur à l'ombre d'un banian.
Et dans ce puits d'humilité, heure après heure, attirer à soi -comme la mer attire les rivières - ce qui coule et se transforme, tous les mirages de l'instabilité.
Les passer en revue avec rigueur, un à un...

Etre confronté aux démons sous le banian.
La victoire au combat signe la vérité de la démarche.
Mara lutte contre Siddharta, comme Satan et ses ruses combattent Jésus dans le désert de Jéricho.
Et Siddharta et Jésus l'emportent contre les forces du Mal.

Siddharta Gautama nie les présences démoniaques sans les combattre, en toute sérénité.
Il affirme être parvenu à la compréhension totale de la nature, des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination. 
Par la concentration exceptionnelle des forces de son esprit, il atteint l'Éveil et devient le Bouddha (Bouddha signifie "l'Éveillé" en sanscrit).


Qu'est-ce que l'Éveil ? Qu'est-ce que l`Illumination ?
Et comment les atteindre ?

A Sarnath, Bouddha propose de suivre la voie du Milieu grâce à une méthode.
A Bodhgaya, il ouvre la Voie, purifie son propre esprit des conceptions fausses.
L'Illumination est une perception claire de la réalité.
Elle ne résulte pas d’une intervention surnaturelle, mais d'une attention particulière portée à la nature de l'esprit humain.
Elle est donc possible pour tous les êtres.

Le dictionnaire Shambhala définit l'illumination comme «un éveil du vide, dans lequel la personne est vide et même l'univers tout entier est vide."
Au sens bouddhiste, le vide est de l'impermanence, l’absence d’essence et l’imperfection, trois caractéristiques de la vie et du monde.

Le vide signifie que tout est en constante évolution.
Il n'y a pas de solidité, aucune forme permanente, tout change.

Le Bouddha l'a souvent répété : il n'est ni un dieu, ni le messager d'un dieu.
Ce qu'il a réussi, un autre homme peut l'accomplir.

 



Au temple de la Mahabodhi, on descend graduellement plusieurs escaliers depuis l'entrée.
Un Dieu, on lui construit un temple, perché sur une montagne - au plus près des Cieux.
A Boghgaya, on rend hommage à un homme, l'Éveillé, qui est descendu au fond de son puits intérieur.

Le temple est donc construit au creux du site.
Je découvre une flèche pyramidale de 50 mètres de hauteur, encadrée de deux autres plus petites...
Cette débauche d'architecture est une erreur, dont les religions sont coutumières.
Les hommes adorent l'idolâtrie !

Siddhata Gautama aurait préféré un simple banian.
Que l'on dynamite cette masse de pierres !
Ne gardons que l'arbre de la Bodhi, ou plutôt une pousse de l'ancien banian, rapportée du Sri Lanka, devenue considérable.

Mais c'est beaucoup demander aux hommes.
Entrer dans le site sacré, descendre les marches et ne trouver en bas qu'un arbre...
L'humilité est une vertu d'élite.

Trois flèches massives de pierres flattent l'ego des fidèles et des prêtres, détournent de l'essentiel.
En l'occurrence... s'asseoir à l'ombre d'un figuier pour méditer, à la recherche de la Vérité.
 


Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 08:47, le 14/08/2009 dans G2. BODHGAYA ou ILLUMINATION 2, Bodh-Gaya
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BODHGAYA ou l'ILLUMINATION (histoire) (13.08.2009).


BODHGAYA ou

l'ILLUMINATION

(histoire)




 

 
Bodhgaya est un lieu serein, où l'on séjourne volontiers après avoir posé son sac dans un des monastères.
Dans le Mahabodhi temple, le banian sacré est une pousse de l'arbre sous lequel Siddharta méditait sur les excès de la vie avant d'atteindre l`Illumination.
L'histoire est célèbre.

 



 

 

*           *           *

 


 


 
Confronté à la réalité de la souffrance (maladies, vieillesse, mort), Siddharta Gautama est déçu par la vie profane. I
 
l rejete famille, palais et richesse.
Voulant comprendre le véritable sens de la vie humaine, il commence une vie d'ascèse, à la recherche de la vérité.
Il suit les enseignements de plusieurs ermites et s'inflige des pratiques méditatives austères.


Son premier maître lui apprend à maîtriser le septième dhy?na, la sphère du néant. Cela lui semble insuffisant.
A Rajagraha (Rajgir), son second maître lui enseigne le huitième dhy?na, la sphère de ni perception ni non-perception.
Siddharta estime ne pas avoir trouvé la voie vers le nirvana.


Pendant six ans, Siddharta pratique des austérités physiques rigoureuses avec cinq compagnons.
Il manque mourir d'abstinence et décide de trouver une autre voie.
 

 


 

A Bodhgaya, il abandonne des pratiques, qui ne débouchent pas sur une meilleure compréhension du monde.
L'extrême rejet de soi ne mène pas au bonheur ultime.
Il accepte des mains d'une jeune fille un bol de riz au lait, mettant ainsi fin à ses mortifications.

Il choisit la voie du Milieu, ou moyenne, qui refuse le laxisme comme l'austérité excessive.
Ses cinq disciples l'abandonnent, se jugeant trahis.
Siddharta se concentre alors sur la méditation.
Il décide de ne compter que sur sa conscience pour le guider sur le sentier de l’Éveil et de l’Illumination.


Siddharta Gautama s'assied alors sous un pippal (Ficus religiosa).
Il fait le vœu de ne pas bouger avant d'avoir atteint la Vérité.
Il entre dans une méditation profonde au cours de laquelle il purifie complètement son esprit des conceptions fausses.

 


 

Mara, démon de la mort, s'effraye du pouvoir que cet homme obtient grâce à la paix de l'esprit.

 

Il pourrait délivrer les hommes de la peur de mourir... 

 

Pour perturber sa méditation, Mara lance contre lui de terribles démons et ses filles séductrices.
En vain.

 


 

Une main posée sur le sol, Siddharta prend la terre à témoin de ses mérites passés.
Accédant à l'Éveil ou Illumination, Gautama devient le Bouddha ("celui qui est éveillé" en sanskrit).
Il nie les présences démoniaques sans les combattre, en toute sérénité.

Il affirme être parvenu à la compréhension totale de la nature, des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination.

 


 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 07:18, le 13/08/2009 dans G1. BODHGAYA ou ILLUMINATION 1, Bodh-Gaya
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L'UNIVERSITE DE NALANDA (12.08.2009).


L'UNIVERSITÉ de NALANDA



 


Le stupa de Sariputta est la ruine la plus représentative de l'université de Nalanda, qui compte de nombreux monastères et temples.
Au cœur de l'empire de Magadhan, terre sainte du bouddhisme (Bihar), subsistent les ruines de Nalanda, cité monastique et métropole spirituelle du monde bouddhique.


La tradition rapporte que Bouddha et Mahavira ont fréquenté l'université de Nalanda. Ashoka (empereur Maurya au IIIe s. av. J.C.) fait bâtir des monastères et des temples sur le domaine.
Nagarjuna (fin du IIe s.), le philosophe bouddhiste, est un étudiant et professeur célèbre de Nalanda. 


Au milieu du Ve siècle après J.C., Kumaragupta Ier (roi gupta) fonde un monastère sous le nom de Mahavihara (de Maha : grand et vihara : monastère).
L'université religieuse grandit rapidement.

 

Son prestige s'accroît sous le règne brillant d'Harsa de Kanauj (606-647). Ce roi lettré compose vers et pièces de théâtre. C'est le dernier roi bouddhiste de l'Inde du nord.
À son apogée au VIIe s., Nalanda accueille 2 000 professeurs et 10 000 étudiants.
De renommée internationale, elle attire des moines étudiants du Tibet, de Birmanie, d'Indonésie, de Corée et de Chine.


Le voyageur chinois Xuanzang y étudie et y enseigne plusieurs années au VIIe s.
Il en fait une description enthousiaste dans son compte-rendu de voyage. 
Avec une bibliothèque et un observatoire, l'université compte alors quatre mille étudiants.
On y accède par une série de tests très difficiles : deux tiers des candidats échouent...


Les textes du bouddhisme sont obligatoires.
Védas et Upanishad sont enseignés par des brahmanes.
On y étudie aussi la cosmologie, la philosophie, la logique et la grammaire.
Ainsi que la médecine, la chirurgie, les mathématiques et la physique.


Les cours sont gratuits, car l’université est financée par des revenus collectés dans les villages locaux (les villageois fournissent également la nourriture).
La fin des études se termine par la soutenance d'une thèse.


Les rois Pala, qui gouvernent le Bihar et le Bengale (mi VIIIe s. - fin du XIe s.), embellissent Nalanda.
L'université devient un foyer artistique, qui influence le monde bouddhiste au travers des styles que les étudiants étrangers rapportent chez eux après leur séjour d'étude.

 

De même, des souverains étrangers invitent des maîtres de Nalanda à venir enseigner dans leur pays.

Ainsi vers 750, un roi du Tibet appelle Padmasambhava, qui fonde le bouddhisme tantrique tibétain.


Nalanda sert aussi de modèle à d'autres universités - comme Vikramasila.
Celles-ci participent à la propagation du bouddhisme.


Au IXe s., combattu par les nouvelles philosophies hindouistes, le bouddhisme décline en Inde.


Vers 1200, l'université est détruite par des Turcs musulmans lors de leurs raids dans la vallée du Gange. 
Les moines se réfugient dans les montagnes en Assam, au Népal, au Cachemire et au Tibet.
Une tentative de reconstruction échoue, car des brahmanes mettent le feu aux nouvelles structures. Le site est abandonné.


Au musée de Nalanda, un grand nombre de bronzes bouddhiques et hindous des périodes Gupta, post-Gupta et Pala, sont exposés.


 
-------------------------------------

 



Je passe deux nuits au monastère bouddhiste chinois de Nalanda.

Je travaille tout le temps.

Pour me détendre, dans le grand jardin, je joue avec les innombrables chiens et chiots du monastère (sauf avec deux ou trois, stupides aboyeurs).

 


J'aime aussi converser longuement avec le prêtre et manager des lieux, en soirée ou après un repas.
Nous parlons de l'Inde, des Indiens, de la misère, du manque d'éducation de beaucoup d'Indiens, des relations entre les habitants et le monastère, de la corruption assez générale parmi les hommes politiques au Bihar...

J'en viens à parler de plusieurs de mes voyages en Inde.

 


La dernière soirée, nous échangeons nos projets.

Il souhaite obtenir un congé pour écrire sur l'histoire indienne.

Nous nous interrogeons sur le sens de la vie, sur ce qui importe dans une vie d'homme.

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 07:11, le 12/08/2009 dans F2. UNIVERSITE de NALANDA, N?landa
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NALANDA (11.08.2009).


NALANDA






 
Je vais bâtir ma demeure
 
de la façon la plus solide
 
en commençant par l'esprit
 


 
Seule, une poignée d'amis importe
 
qui n'ont pas froid aux yeux
 
qui acceptent de payer
 
le prix de leur liberté
 


 
Mais que faire de tous ces mendiants ?
 
Les parents incitant leurs enfants
 
se servant d'eux sans remord ?
 


 
Je refuse d'être sentimental
 
la dignité n'est pas à vendre
celle d'autrui m'importe trop



-------------------



Le Bihar est l'un des Etats les plus pauvres, les plus arriérés, de toute l'Union indienne.
Et ce n'est ni un hasard, ni une malchance.

L'habitude de la mendicité, une éducation faussée par l'influence des castes, la résignation devant la pauvreté, la corruption d'une grande partie des hommes politiques du Bihar...

Dans cet Etat, les scandales sont nombreux, les journaux les relatent au quotidien...



Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 06:09, le 11/08/2009 dans F1. NALANDA, N?landa
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RAJGIR, TERRE MYSTIQUE (10.08.2009).


RAJGIR, TERRE MYSTIQUE



 

C'est une terre de pèlerinage pour de nombreuses religions.
Pour les bouddhistes, car Rajgir était le lieu préféré du Bouddha.
Pour les jaïns, car plusieurs tirthankars y ont vécu, dont le célèbre Mahavira.

Mais également pour les hindous et les musulmans...


Rajgir, ou Rajagriha (en sanskrit), signifie "le Palais royal".

 

C'est la capitale de l'Empire Magadhan, florissant au VIe s. av. J.C.

C'est la première capitale connue de l'histoire indienne.


Sa fondation est inconnue.

On y a retrouvé des restes de céramiques datant de 1000 av. J.C.

D'après Xuanzang, grand voyageur chinois, (voir l'article sur lui) la vieille ville était située dans une autre vallée, entourée d'une muraille de pierres cyclopéennes.

La ville nouvelle, plus vaste, était construite près de l'actuelle Rajgir.


Rajgir est située dans une vallée verdoyante, entourée de collines rocheuses, traversée par la rivière Banaganga.

Collines et grottes environnantes étaient habitées par des maîtres spirituels, des métaphysiciens et par les philosophes des Upanishad.

Rajagriha était le centre d'une grande activité religieuse et intellectuelle.


Siddharta Gautama fait plusieurs visites à Rajagriha (en pali : Rajagaha).

Il habite différents lieux de la région.

Son lieu de séjour préféré est Gridhrakuta, le célèbre Mont des Vautours, ou Pic des Vautours.

Il y séjourne 12 ans dans un monastère. Ses enseignements y sont écrits pour la première fois.


Seize ans après son Illumination, Bouddha réunit à Saptaparni une assemblée, présidée par Mahakassapa.

Chaque année, 5000 moines et nonnes se rassemblent, pendant les trois mois de la saison des pluies.

Bouddha délivre au Mont des Vautours l'essentiel de son enseignement :

- le Sutra du Lotus, qui promet le salut à tous les êtres

- le Sutra de la perfection de la Sagesse (Prajnaparamita).


Bimbisara, roi du Magadhan, est un grand admirateur du Bouddha, avec lequel il s'associe.

La tradition bouddhique raconte deux visites du Bouddha au roi, avant et après son illumination.
Bimbisara offre au Bouddha un bois de bambous, où est construit le premier monastère bouddhique, au lieu dit Venuvana.
Le médecin Jivaka, originaire de Rajgir, donne le monastère de Jivakambavana.


Je visite en tonga, avec une amie japonaise Fuka, plusieurs lieux bouddhistes de Rajgir.

Un temple birman possède un porche d'entrée avec trois flèches, composées de plusieurs toits.

Des éléphants debout sont gravés dans le bois des portes.

Sur les marches, deux fillettes s'épouillent mutuellement.



Après la visite de Virayatna (ashram jaïn), nous arrivons à l'entrée du temple japonais moderne.

A droite sous un kiosque, un grand Bouddha blanc est assis. Il offre sa protection par le geste de l'Abhaya.

En face, une belle stèle grise, aux calligraphies dorées, précède le temple.

La façade blanche du temple, à lisérés dorés, étincelle au soleil de midi.

Quatre lions dorés se figent autour des marches, abrutis de soleil.



A l'intérieur, une immense salle est éclairée par une grande verrière zénitale.

 

Un autre Bouddha, dont la main droite touche le sol, rappelle sa méditation sous l'arbre de la Bodhi.


Un pont donne accès à un sous-bois, où nous essayons de nous rafraîchir.

Sans grand succès...

Des gamins nous tournent autour, brûlant de discuter, ou de nous servir de guide.

A la sortie, les marchands qui nous ont vendus un guide de Rajgir, nous assaillent de nouveau, vautours au discours immuable...

La patience est la qualité essentielle, en Inde.


J'aborde maintenant certains aspects hindouistes de Rajgir.

Rajgir est mentionnée dans le Mahabharata.
Son roi Jarasandha, adepte des arts martiaux, combat les Pandava et tient en échec Krishna.
Les parties de son corps amputées se ressoudent d'elles-mêmes !
Certains lieux évoquent ces combats. Notamment l'un opposant Bhima à Jarasandha. Bhima finit par tuer son coriace adversaire...

 

Rajgir possède de nombreux temples hindouistes.

 
Ceux de Shiva, de Durga par exemple.


Rajgir est aussi une ville d'eau, grâce à la présence de sources sacrées pour les quatre religions (bouddhique, hindouiste, jaïne, musulmane).

Dans l'enceinte du temple hindou de Lakshmi Narayan, je descends les marches des bains.

On se jette sur moi ! Un prêtre m'impose une prière annonée à toute vitesse, avec force gestes impressionnants. Coincé, je me fends d'un bakchish...

D'autres reniflent le pigeon... Mais je résiste...

Une fois en maillot de bain, je ne peux veiller sur mon sac et mes vêtements... Je les confie donc à un autre prêtre, qui se pourlèche à l'avance...


Avec d'autres Indiens, je me baigne trente minutes dans un petit bassin,alimenté par une source d'eau chaude.

Etant donné le contexte, l'eau est assez salée...

Avant et après le bain, on passe sous une fontaine d'eau chaude, cela décrasse...

Je ne pinaille pas, canicule oblige...

Après ce bain, je baigne d'euphorie, deux heures planant...


 


Je détaille le rôle que joue Rajgir pour les Jaïns dans un article spécial (RAJGIR JAIN en TONGA, dans le blog "jaïniste").

Quant à son importance pour les musulmans, je ne m'en suis guère aperçu sur place, par manque de temps.

Des recherches s'imposent !



Un de mes endroits préférés à Rajgir passe inaperçu pour beaucoup de visiteurs.

C'est une petite acropole au sommet d'une butte modeste, qui forme un parallèlépipède, muré par de gros blocs de pierres.

L'acropole est elle-même enchassée dans un espace plus vaste, clos de pierres semblables.

A l'intérieur, dix stèles de pierre sont dressées, dont une, bellement sculptée.

D'autres blocs de pierre jonchent cette carrière particulière.


J'ai plaisir à tourner autour des stèles.

Le lieu évoque une Mycènes miniature, espace vibrant d'énergie, où tout est possible.

A côté, quelques tombes musulmanes subsistent, beaucoup plus récentes que l'acropole.

 
Pour prolonger ce plaisir, je photographie en macro-numérique fleurs et insectes.
Vous avez dit mystique ?

 


 


 

A SUIVRE...

 


 

Lionel Bonhouvrier.




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Publié à 06:06, le 10/08/2009 dans E3. RAJGIR, TERRE MYSTIQUE, R?jg?r
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SHANTI STUPA de RAJGIR (9.08.2009).



SHANTI STUPA de RAJGIR




 
Les tribus d'Indiens en sari/pantalon-chemise
 
par troupeaux ont déserté


 
Solitude à deux :
 
mon amie japonaise dessine


 
j'inscris le paysage dans des mots
 
où la paix respire


 
Deux longos perchés sur un arbre
 
le regard éperdu


 
contemplent les collines
 
grognent devant leur beauté


 
Le gong du temple bouddhiste
 
bat la mesure régulière
 
d'une mélopée grave, profonde


 
La nature récapitude son monde sonore :
 
un coq chante le lever au coucher du soleil
 
pépiements des oiseaux
 
braîement d'un âne
 
voix humaines trouées d'espace
 



*           *           *



 
On peut accéder au Shanti Stupa grâce à un télésiège.
En huit minutes, il transporte les passagers, individuellement, jusqu'au sommet de la colline (Ratnagiri Hill).
On traverse un sous-bois, accueillis par de gros singes plutôt calmes.
Visiblement, ils sont fort bien nourris...


Resplendissant de blancheur, le stupa japonais ressemble à ceux que j`ai vu à Leh, au Népal (Lumbini) ou ailleurs.
Forme classique, orné de sculptures dorées du Bouddha représentant sa naissance, son illumination, son enseignement et sa mort.
Le concepteur est japonais : N. Ohoka.


Ici, chaque aménagement est réfléchi : un portique et sa grosse cloche, les sculptures de lions jaunes, les portails blancs, les stèles japonaises calligraphiées, les lampes de pierre...


Plus haut, la musique attire les visiteurs.
C'est un temple japonais, où chacun peut s'exercer à battre le rythme sur un tambourin.
La cadence est donnée par deux moines, imperturbables.
Le résultat est parfois cacophonique... Certains enfants, et quelques adultes, s'amusent beaucoup à faire du bruit !


Je retrouve Fuka à la sortie du temple.
Nous descendons la colline trente mètres, à la recherche d'un peu de tranquillité...
Le paysage dévoile plusieurs collines. En cette fin de belle après-midi, on respire.
En contrebas, c'est le fameux mont des Vautours, tant aimé par Siddharta Gautama.
Après quelques photos, nous nous installons.


Fuka dessine la cloche.
J'écris un poème.

Ceux qui passent se montrent discrets.
Notre solitude s'avère acceptable.


Plus tard, nous descendons le chemin qui mène au mont des Vautours.

Nous y sommes presque quand Fuka claque une tong. 
Du coup, je me rappelle l'heure. Il est près de 17h, heure de fermeture du télésiège...
Remontée en suant, car la chaleur persiste...


Au télésiège, nous nous installons sur notre siège individuel.
La descente est aussi jouissive que la montée, dans un silence parfait, sans le moindre frottement.
Si j'avais su que je marcherai sur les traces du Bouddha, en planant comme un vautour, du haut d'un télésiège !


Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 06:47, le 9/08/2009 dans E2. SHANTI STUPA DE RAJGIR, R?jg?r
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AUBE A RAJGIR (8.08.2009).


AUBE à RAJGIR

 

 

 


 

 
Dans l'espace clos, infini

 

 
d'une chambre

 

 
entre ses murs bleu ciel

 

 
une paix fraîche

 

 
anime le linge sur la corde

 




 
Chambre marine : rectangles bleus

 

 
que le miroir reflète

 

 
klaxons, voix humaines s'infiltrent

 

 
peu à peu l'hélice nous propulse

 

 
hors des rêves sous-marins

 




Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 06:33, le 8/08/2009 dans E1. AUBE A RAJGIR, R?jg?r
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A PATNA (7.08.2009).


 

A PATNA




A Patna
chargez votre énergie portative
vous en aurez besoin !

Le premier soir, je ne trouve une chambre
qu'après une douzaine de refus...
-"No room more !"
-"All is full !"
-"The hotel is full !", ...

L'hôtelier est un crétin.
Son refrain est : "Money ! Money !"
Il ne parle pas, il aboie.
Patiemment, je l'éduque :
-"You have to be polite, sir !
Tell me PLEASE
and I will give you these 300 roupies..."

Décidé à ne plus voir sa tête
je visite le lendemain matin
une douzaine d'hôtels supplémentaires.
L'accueil est souvent froid
je ne récolte que refus !

La plupart ne louent qu'aux Indiens
souvent pour une semaine, ou plus.
Ils n'ont pas de licence pour les étrangers.
Très peu d'hôtels bons marchés
acceptent de louer aux étrangers...

Dépité, je reste une autre nuit
chez le Roquet, lui offre 200 roupies
pour chaque nuit supplémentaire.
-"No discount ! It's 300 roupies !"
Deux phrases ? Quel progrès !

Après des heures de recherches
je trouve un bon cybercafé
car ce deuxième jour est férié
(fête des frères et des soeurs)
et je galère comme un damné
exclu de cyberespace...

Le troisième jour, allant surfer
je croise une Japonaise qui cherche
une chambre désespérement...
Je la conduis chez mon taulier
qui lui en propose une sans hurler...

J`invite la Japonaise à dîner
de retour à notre hôtel
je lance à Cerbère et compagnie :
-"Good night, gentlemen !"
Cerbère en oublie de répliquer :
-"Money ! Money !"
et je monte à ma chambre sans payer.

Ce matin, je descends avec 300 roupies.
Le Roquet m'agresse d'un "Pay !" lapidaire
que faire face à une brute pareille ?


 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 06:16, le 7/08/2009 dans D. A PATNA, Patna
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AVIS de PILLAGE (31 juillet 2009).

 

 

 

 

AVIS de PILLAGE !

 

 

 

 

Les responsables du blog "Couleurs", sur Uniterre (Monysélia, Dédé, Monette, Marmousets) éditent régulièrement mes articles.

Ils le font illégalement, car ils ne m'ont jamais demandé aucune autorisation.

Je proteste contre de tels agissements !

J'ai déposé une PLAINTE auprès d'Uniterre pour qu'ils prennent fin.

 

 

En attendant, je refuse de continuer à publier de nouveaux articles.

Je m'en excuse auprès des lecteurs de ce blog.

 

 

Je publierai de nouveau chez Uniterre, lorsque :

1. "Couleurs" ne captera plus mes articles éhontément.

2. Ses auteurs reconnaîtront que je ne suis pas leur ami (sic !)

3. "Couleurs" ne devra plus être la référence dans Google pour des articles dont je suis l'auteur ! (Mes blogs sont parfois relégués et masqués...

4. Quand Monycélia, Monette, Dédé et Marmousets m'adresseront leurs explications écrites. Et leurs excuses !

 

Lionel Bonhouvrier, auteur des blogs :

- http://inde.uniterre.com

- http://inde2.uniterre.com

- http://inde3.uniterre.com

- http://sikh.uniterre.com

- http://nepalaises.uniterre.com

- http://bouddha.uniterre.com

 

 *          *          *

 

 

 

P.S : (11 août 2009) :

- Je constate que les auteurs de Couleurs m'ont retiré de la liste de leurs amis.

- De plus, mes textes ne semblent plus y être visibles.

- Ces deux conditions étant remplies, en ce qui me concerne, la polémique est close.

L.B.



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Publié à 12:05, le 31/07/2009 dans C. AVIS DE PILLAGE, Baudhan?th Stupa
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JEAN-PIERRE, BOUDDHISTE FRANCAIS (juillet 2009).

 

 

JEAN-PIERRE, BOUDDHISTE FRANÇAIS

 

 

 

Je fais la connaissance de Jean-Pierre dans le train de nuit Delhi-Gorakhpur.

Pour cette première rencontre, les sujets de conversations ne manquent pas.

 

 Né en 1960, originaire de la région de Saint Etienne, il voyage en Inde pour la troisième fois.

Cette fois, il a pu décrocher un billet aller-retour vers Bombay à un prix imbattable : moins de 500 euros. A condition de partir en février et de revenir avant Noël ! Soit dix mois et demi...

Il a accepté car il ne travaille plus vraiment en France.

Dernièrement, il exécutait diverses tâches dans un monastère bouddhiste en Isère, contre le logis et le couvert.

 

Il a pratiqué deux vrais emplois.

L'un dans un centre de tri de la poste, comme manutentionnaire et agent polyvalent, je crois.  Après pas mal d'années, il allait être titularisé, quand son poste a été supprimé.

L'autre dans un hôpital, comme chauffeur. Après plusieurs années, il a démissionné ou a perdu cet emploi.

 

En 2008 (ou serait-ce avant ?), il s'est séparé de son amie, a quitté son logement. Bouddhiste, il s'occupe dans ce monastère, est remunéré en nature mais ne reçoit pas d'argent.

Il s'entend bien avec le directeur du monastère, progresse dans sa recherche bouddhiste.

Il me parle de retraite de 3 ans, 3 mois, 3 jours. En a-t-il fait une ?

Non, il n'a jamais fait de retraite, quelles soient longues ou courtes.

 

Depuis février, il a séjourné trois mois au sud de Goa, à Gokarna, sur la mer d'Oman, au Karnataka.

Il connaissait Gokarna grâce à un voyage précédent.

Plages magnifiques. Pas étonnant qu'il soit bronzé.

-"Comment  as tu pu y rester aussi longtemps ? Je me serais emmerdé au bout d'une semaine... A moins d'avoir un livre à écrire..."

-"Si tu connaissais Paradise Beach, et d'autres coins comparables, tu ne parlerais pas ainsi. Et puis maintenant, je connais tout le monde, là-bas. C'est un peu une deuxième maison. Tu dors dans des huttes sur la plage. Tu peux aussi te promener à l'intérieur du pays..."

-"J'aime beaucoup nager, mais je ne peux lézarder au soleil au-delà de quelques jours. Quand j'ai séjourné à Goa fin août 2005, je ne suis pas allé à la plage, préférant visiter Panaji, la vieille Goa et écrire dans les cyberboutiques..."

-"Certaines plages sont aménagées avec des chaises longues, deviennent connues. On y est moins tranquille. Mais il reste des plages, où l'on est vraiment bien." 

 

A Delhi, Jean-Pierre a dormi au refuge des Tibétains, dévoré par les moustiques...

Il venait de Rishikesh, dont il ne me parle pas.

Il poursuit un pèlerinage, comme bouddhiste. Son projet est d'accumuler du karma positif, grâce à un périple aux quatre lieux les plus sacrés du bouddhisme. Il connaît déjà Bodhgaya et Sarnath. Il veux voir maintenant Kushinagar et Lumbini.

-"Je te propose d'aller ensemble demain matin à Kushinagar. De Gorakhpur, un bus y mène en une heure et demie."

-"C'est d`accord. Ensuite, Lumbini est près de la frontière népalaise. Quel bonheur ! J'aurai fait un pèlerinage que peu de bouddhistes accomplissent. Après, il me restera le Mont Kailash..."

 

Nous prolongeons cette soirée dans le train alors que, toutes lumières éteintes, beaucoup de voyageurs dorment sur leurs couchettes.

Je parle de Le Corbusier, à cause de ses réalisations en Inde. 

A Chandigarh (le plan d'urbanisme, le palais de justice, le Secrétariat, la Chambre des députés du Pendjab, la Main ouverte,...), à Ahmedabad, ou ailleurs.

Il connaît Le Corbusier grâce à la "Cité du Fada", construite à Firminy, près de St Etienne. Plusieurs amis y ont habité, ou y habitent encore. Les logements sont très agréables, ont le statut d`HLM, ne sont pas chers. La mixité sociale y est réelle. On y trouve des immigrés, comme des bourgeois (architectes, médecins, avocats).

Cependant, une partie des logements a été restaurée. Les loyers y ont fortement augmenté, ce qui écarte les classes populaires...

 

Après minuit et demie, nous décidons d'aller dormir dans nos compartiments respectifs.

Mes deux sacs encombrent ma couchette, mais je dors quelques heures, réveillé à 5h par des bavards matinaux.

Les bavards nocturnes étaient deux Français, seuls étrangers du wagon...

 

Je voyage ensuite avec Jean-Pierre pendant quatre jours.

Le premier jour, nous visitons Kushinagar, où le Bouddha est mort.

Le second jour, nous quittons l'Inde pour le Népal et arrivons à Lumbini, où le Bouddha est né. 

Visite des  temples et monastères les deux jours suivants.

Bus de nuit pour Katmandou, où nous nous séparons vers 6h, en arrivant. Il veut séjourner à huit kilomètres dans un monastère bouddhiste. Je prefère loger au centre de Katmandou.

 

A Lumbini, il refuse d'être pris en photo.

-"Comme tu veux. Je ne prétends pas utiliser ta photo contre ton gré. De plus, je vais certainement écrire sur toi dans mon blog. Tu n'as rien contre ?"

-"Tu peux écrire ce que tu veux. Mais je refuse d'être pris en photo !"

-"C'est d'accord. Les désirs de mister l'iconoclaste seront respectés !" 

 

Dans sa vie, beaucoup de choses ont été très perturbées. Sa vie familiale, sentimentale et amoureuse. Sa vie professionnelle.

Il refuse toute activité professionnelle qui, lui bouffant tout son temps, l'empêche de vivre. Pour le moment, il a suffisamment d'argent en réserve. Il peut prendre son temps, suivre le Bouddha en sa voie du juste milieu.

 

 

 

Nous avons plusieurs conversations sur son bouddhisme.

 

-"Bouddha est le plus grand. Tu dois suivre ses enseignements. Il avait tout. Il était prince, riche, marié, intelligent, heureux, aimé de tous. Il a tout quitté à cause des souffrances du monde. Pour chercher la voie de la délivrance."

 

-"D'autres ont joué un rôle équivalent : Jésus, Mahomet, Mahavira, pour ne citer que ces trois là."

 

-"Aucun rapport ! Peux-tu comparer le Bouddha et Mahomet ?"

 

-"Question non violence, Bouddha triomphe haut la main de Mahomet. Mais imagines-tu Jésus aller à la guerre, y compris prêcher une guerre sainte ?"

 

-"Jésus a fait moins de sacrifices. Bouddha est le plus grand, il n'a pas menti, tu peux lui faire confiance. Tout ce qu'il a découvert est vrai. Le christianisme ne parle ni de karma, ni de réincarnation. Bouddha ne reconnaît aucun Dieu. Chaque individu, grâce à ses efforts, peut atteindre l`Illumination. Que te faut-il de plus ?"

 

 

Jean-Pierre garde deux éléments de stabilité dans sa vie : ses parents et le bouddhisme.

Ses parents l'ont toujours beaucoup aidé.

Son père a placé une somme importante pour son fils quand il a touché des allocations de préretraite.

Jean-Pierre a pu récupérer cette somme des années plus tard, avec d'importants intérêts. Il peut continuer à compter sur ses parents.

Il revient en France le 24 décembre pour passer les Fêtes avec eux.

Jean-Pierre devient lyrique quand il parle des petits plats de sa mère...

 

Je le taquine sur sa gourmandise : il a besoin de manger régulièrement de la viande, dont je me passe aisément.

Il fume sans cesse, au point de trépigner quand le manque de tabac le besogne (train, bus, chambre...)

Son manque de patience (essentielle au routard) m'amuse et je le chambre à l'occasion :

-"Tu n'es qu'un faux bouddhiste, un simili bouddhiste d'occasion, un erzatz occidental nerveux, baffreur et colérique. Penses-tu que le Bouddha soit fier de toi ?"

 

Je dois lui rendre cet hommage.

Jamais il ne proteste contre mon bistouri psychologique d'un pseudo Freud. Cette retenue est méritoire.

De quoi faire tourner en sa faveur son compteur à mérites et accumuler du positif pour son karma !

 

Lionel Bonhouvrier.   



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Publié à 06:51, le 13/07/2009 dans B2. JEAN PIERRE, BOUDDHISTE FRANCAIS, Katmandou
Mots clefs :

KUSHINAGAR ou la MORT du BOUDDHA (juillet 2009).

 

KUSHINAGAR 

 

ou la

 

MORT du BOUDDHA

 

 

 

 Avec Jean-Pierre, rencontré dans le train Delhi-Gorakhpur, nous prenons à Gorakhpur un bus pour Kushinagar.

Kushinagar est située au nord de l`Inde, dans l'Uttar Pradesh, près du Népal.

 

 

Vers midi, chaleur et humidité se conjuguent pour rendre l'atmosphère insupportable.

A la descente du bus, nous traversons la route, nous réfugiant dans une dhabba, pour boire et manger.

Un arc marque l'entrée de Kushinagar, village-rue, où le Bouddha est mort, âgé de plus de quatre-vingt dix ans.

 

Les quatre lieux les plus sacrés du bouddhisme sont liés à la vie du Bouddha : Lumbini (naissance), Bodhgaya (illumination), Sarnath (premier enseignement) et Kushinagar (mort).

 

Nous nous installons dans une guesthouse, située derrière le Tibetan Temple, puis commençons nos visites.

L'Indo Japan Temple est niché dans un jardin, dont j'ignore le nom de la plupart des arbres.

Le stupa arrondi est enveloppé d'épaisses barrières de briques rouges.

Une barrière bloque l'accès de la grande salle. Mais de la porte ouverte, on peut voir une scupture de Bouddha en rouge, entouré de personnages debout, peints à la japonaise.

 

Plus loin,  nous entrons dans le temple coréen.

A gauche, une longue pelouse rectangulaire se termine par trois stèles.

Au centre, une grande stèle blanche est ornée de calligraphies dorées.

Sur les côtés, deux stèles rougeâtres calligraphiées, possèdent des textes explicatifs.

 

En continuant sur la route, un temple thaïlandais me plait beaucoup, mais il est fermé pour rénovation.

Par la grille, on aperçoit un joli jardin, des scuptures (taureau), le toit d'une pagode dorée...

 

A Kushinagar, le nombre de cliniques, presque aussi nombreuses qu'hôtels ou temples, m'impressionne.

Les bâtiments s'espacent, remplacés par des rizières. Kushinagar n'est qu'un modeste village.

Nous rebroussons chemin pour entrer, à quelques centaines de mètres, dans le stupa principal de Kushinagar.

 

Ce vaste espace, le Main Buddha Mahaparinirvana Temple, est un parc agrémenté de pelouses, de massifs de fleurs et de bosquets.

Je propose à Jean-Pierre, bouddhiste, de visiter les lieux à notre rythme.

Il doit pratiquer ses prières rituelles, je compte photographier à ma guise. Cela ne s'accorde guère.

 

A gauche, une énorme cloche de bronze dans un portique attire les visiteurs.

Elle est gravée d'inscriptions, de dessins.

A centre, le temple se compose de deux bâtiments : le hall funéraire et le stupa.

 

Un homme m'accoste et commence des explications que je ne lui ai jamais demandé.

Après deux minutes, je le remercie et vire à babord. Mais il me suit !

 

 

-"I don't need a guide. I prefer to be alone, thank you !"

 

 

-"Can you give me 20 roupies ?"

 

 

-"If I wanted a guide. But I like the solitude !"

 

 

Son visage grimace de désolation :"Only 10 roupies !"

 

 

Une torpille semble nécessaire...

 

 

-"Good bye, sir !"

 

 

Le hall funéraire blanc est rectangulaire, avec un toit arrondi.

Quatre colonnes rouges rythment la façade principale et marquent l'entrée.

Dans le jardin, trois femmes voudraient visiblement que je les photographie, mais n'osent et ne savent me le demander.

 

A l'intérieur du hall, une longue sculpture du Bouddha allongé pour son dernier sommeil occupe une grande part de l'espace.

Les pèlerins en font le tour par la gauche. Ils s'inclinent en touchant les pieds dorés.

Tout le corps de Siddharta est doré, mais il est enveloppé d'un tissu ocre d'or. La tête est dégagée, yeux clos.

Il repose sur un lit de marbre de différentes couleurs.

 

A Kushinagar, le Bouddha prononce ses dernières paroles : "Toute composition est vouée à la destruction".

Pendant une période, on ne pouvait représenter le Bouddha.

Ce n'est que plus tard que sont apparues les premières sculptures et statues de celui qui ne croyait pas en un dieu unique.

 

Les pèlerins continuent à rendre hommage au Bouddha.

Ils sortent du hall, saluent une dernière fois à l'extérieur, avant de descendre les marches.

Derrière, le stupa à coupole blanche n'est pas ouvert au public.

 

Autour de ce temple récent, les fouilles ont mises à jour des restes archéologiques : anciens stupas circulaires, au raz du sol le plus souvent, murs de soutènements de monastères...

Jean-Pierre me rejoint sur une pelouse, à l'ombre d'un arbre, où je bois et récupère.

La chaleur hyperhumide, vraiment désagréable, rend pesant le simple fait de respirer.

Nous décidons de boire un thé hors du temple.

 

Une gargote proche de la sortie fait l'affaire.

Plusieurs camions passent, ainsi que des groupes de pèlerins à pied.

Attablés, nous profitons de l'animation de la rue.

Un musicien ambulant salue le patron et après quelques mots, s'assied par terre.

Un second thé nous tente, mais non de manger, comme le souhaiterait la patronne.

Je photographie discrètement le musicien.

 

Ensuite le Myanmar Temple m'attire, avec sa belle pagode dorée, visible depuis le jardin du temple principal de Bouddha.

Celle-ci est fermée, mais on peut en faire le tour dans le premier cercle d'enceinte.

Des statues, marquant les jours de la semaine, entourent la pagode.

 

A côté, un bassin environne un petit temple contenant quelques statues bouddhistes.

Puis nous décidons de rentrer à la guesthouse, fatigués par la nuit dans le train et cette longue journée. 

La suite, demain matin... Notamment le Chinese Temple, qui me semble très réussi, depuis la rue.

 

Mais il n'y aura pas de suite.

Le personnel de notre guesthouse manque d'amabilité, notre chambre ne vaut pas les 200 Rs demandées.

Une seconde nuit serait envisageable dans une autre maison d'hôtes, située derrière le temple birman. Elle est tenue par des moines, les hôtes versent un don pour la nuit.

 

A notre ghesthouse, la soirée est marquée par plusieurs coupures de courant.

Des moustiques voraces nous harcellent, en escadrilles incessantes. Une lourde chape de plomb tropicale transforme le corps en machine incommode. Il est temps de fuir !

A la terrasse d'une échoppe, nous dînons sans faim aucune... La nuit est tombée, mais la fraîcheur espérée, jamais n'arrive...

Le patron attend notre départ pour mettre en marche les ventilateurs !

 

Vers 22h, nous nous apprêtons à dormir.

Mais un groupe d'une cinquantaine de personnes dînent bruyamment dans la cour, à deux pas de notre chambre, située au rez de chaussée...

C'est l'élément centrifuge décisif. Tant pis pour Kushinagar...

Nous préférons partir le lendemain à l'aube, espérant trouver au Népal un climat moins défavorable.

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 06:35, le 12/07/2009 dans B1. KUSHINAGAR ou la MORT du BOUDDHA,
Mots clefs :

LUMBINI (2), NOUVEAU CENTRE de PELERINAGE INTERNATIONAL (juillet 2009).

 

LUMBINI (2) : NOUVEAU CENTRE

 

de PÈLERINAGE INTERNATIONAL

 

 

 

 

 

  

 

 

En 1967, le secrétaire général de l'O.N.U, le birman U. Thant, se rend en pèlerinage à Lumbini.

Il discute avec le roi Mahendra et suggère au gouvernement du Népal de créer à Lumbini un centre de pèlerinage international.

En 1970, il aide à la formation d'un comité international pour le développement de Lumbini, composé de 15 nations, dans le cadre d'un programme de l'UNESCO.

 

En 1978, le plan d'ensemble du Centre est réalisé par l'architecte japonais Kenzo Tange.

Le site est découpé en trois zones :

- Au sud, les jardins sacrés forment un immense cercle. Quatre ponts permettent de franchir l'eau et d'accéder au site principal (temple de Maya, colonne d'Asoka...)

- Au centre, un vaste rectangle constitue la zone monastique. Elle est coupée en deux par le Canal central.

A l'ouest, on trouve les temples et monastères du Grand Vehicule (Mahayana). 38 sont prévus à terme.

A l'est, ceux du Petit Véhicule (Hinayana). 13 seront construits.

 

 

- La 3ème zone au nord est réservée au nouveau village de Lumbini.

 

 

 

L'objectif essentiel est de créer une atmosphère de paix, de spiritualité et de fraternité humaine

Les communautés bouddhistes du monde entier ont pu construire ici pagodes, temples et monastères.

Ce projet est loin d'être achevé. 

 

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Dans les jardins sacrés, de l'autre côté de l'accueil, un temple est visible. C'est le Dharma Swami Maharajah Budha Vihar, de style tibétain.

Une arche donne sur un très beau jardin, offert par un lama.

Fresques intéressantes, dont je ne photographie que les extérieures (un panneau interdit les photos).

A l'intérieur, un moine récite des prières.

 

Vers 9h, je reprends le vélo jusqu'à la Flamme de la paix éternelle.

Elle est inaugurée par le roi du Népal en 1986, à l'occasion de l'année internationale de la paix.

Elle brûle dans une belle vasque sombre, posée sur un grand socle de marbre blanc.

 

C'est le début du Canal central, qui forme l'axe principal du plan d'urbanisme de Kenzo Tange.

Il divise la zone monastique en deux : à l'ouest, les bâtiments du Mahayana, à l'est, ceux du Theravada.

 Je choisis l'ouest, roule au bord du canal pour éviter le chemin boueux, tourne à gauche.

 

Vers 9h30, un monastère népalais récent est visible.

 

Je crois que c'est le  Dharmodhaya Sabha Monastery.

Je gare mon vélo à gauche de l'entrée, en face d'un bel arbre à pains.

Un énorme stupa, pour le site, est en chantier. En face, le temple est flambant neuf. Il gagnera une patine avec le temps.

A l'intérieur, les fresques sont souvent très claires. Les deux gardiens me saluent avec gentillesse.

 

Le vélo me conduit avant 10 h au Chinese Temple.

C'est un de mes préféré à Lumbini. Le pavillon d'entrée possède un seul toit. Deux lions encadrent l'escalier d'accès.

A l'intérieur, nombreuses statues, que je trouve kitch, pour la plupart...

Aussi, je file à gauche en longeant le jardin.

 

Envie immédiate de m'asseoir pour profiter de la sérénité du lieu.

Tout me plaît. Les colonnes rouges, rythmant les allées, le temple dans le fond, pagode à deux toits.

Une grande beauté formelle se dégage de cette simplicité.

 

Après dix minutes, je redescends sur terre.

Puisqu'il est interdit de photographier, je dois me débrouiller discrètement. Ce qui est moins facile avec un Eos qu'avec un Ixus...

 

Dans les allées latérales, j'aime les lanternes rouges en tissus ou en papier, suspendues au plafond.

Jolis angles pour voir les toits qui rebiquent !

 

Dans le temple pagode, la présence d'un surveillant me stresse un peu.

Ma conscience bouddhique ressemble moins à la surface paisible d'un lac, qu'à un étang troublé par une cascade émotionnelle...

Une grande statue dorée du Bouddha en impose. Il est assis en tailleur, sur un lotus.

Sur les supports de l'autel, des hérons dorés s'envolent dans le ciel, d'un bleu pur.

Très beaux objets autour de l'autel.

 

Entre le pavillon et la pagode, l'allée centrale est ponctuée par un grand vase de pierre grise, et par un autre surmonté d'une lanterne de même pierre.

Après plus d'une heure de visite, je quitte à regret ce merveilleux temple chinois.

 

De l'autre côté de la route, c'est le monastère coréen.

L'entrée franchie, on arrive en face d'un énorme temple en construction. A la fois haut et très vaste, il possède quatre niveaux, sa surface utile est considérable.

La Korean Mahabodhi Society a de gros moyens financiers...

 

Je longe le monastère, où un moine discute avec une Anglo-saxonne (Britannique, Australienne ?)

Le moine me signale que l'heure du déjeuner approche. Si je souhaite me joindre à eux... 

Le temps de me laver les mains aux toilettes extérieures, une cloche sonne l'heure du déjeuner.

 

J'imite l'Anglo-saxonne, qui semble habituée au libre service.

Chacun s'éparpille aux quatre coins de la cantine, nous sommes moins d'une dizaine. Repas succulent, le meilleur depuis mon départ de France, composé de riz, de six ou sept sortes de légumes.

Encore n'ai-je pris qu'une partie des légumes proposés...

 

Quatre femmes, deux Occidentales et deux Asiatiques, mangent séparément et en silence. Sans doute, font-elles une retraite.

Quelques minutes après le début du repas, deux femmes de service arrivent... et coupent tous les ventilateurs du réfectoire.

Quelle idée saugrenue !

Au fond du réfectoire, un rayon livres. Cet excellent déjeuner se termine avec du yaourt sucré.

 

En vélo, je longe le canal vers le nord.

Un temple autrichien apparaît, inachevé et ferme, construit par la Geden International.

Plus loin, un monastère est fermé pour rénovation. Le canal se charge de nénuphars. Un pont enjambe l'eau de sa gracieuse courbure.

Dommage que je ne puisse entrer.

 

12h30. Je décide de retourner dans les jardins sacrés pour déjeuner. Chowmein et eau fraîche dans une gargote.

Retour à la Flamme.

Je choisis la zone monastique orientale, passe devant une grande cloche de la paix.

 

Tout près, voici le Myanmar Golden Stup & Monastery.

Les pagodes birmanes se ressemblent, avec leur style aisément identifiable.

Le stupa est entouré par trois cercles croissants :

1. Cercle petit proche des chapelles intégrées au stupa.

2. Cercle moyen dallé, très large, qui permet aux nombreux fidèles de circuler (de droite à gauche, dans le petit Véhicule).

3. Grand cercle sous les arbres.

 

Je choisis ce dernier pour me protéger de la chaleur (vers 13h).

Quatre stèles, surmontées d'une roue du dharma dorée, représentent la naissance, l`illumination, le premier enseignement et la mort du Bouddha.

Elles sont sculptées en haut relief dans une pierre blanche (albâtre ?)

Quatre colonnes ornées sont surmontées par un même animal : lion, taureau, cheval, éléphant.

 

Tout près, l'International Nuns' Society a construit un monastère népalais.

Le stupa se compose d'une coupole blanche, avec les yeux de Bouddha et une pointe dorée.

Au dessus de la grille, en demi-cercle doré en haut relief, Maya se tient à une branche d'un arbre à pains. Siddharta fait sept pas, lève le bras, signe qu'il va parler.

Dans un grand bassin, posé sur une colonne immergée, assis sur un lotus : un Bouddha assis magnifique.

 

On voit vers le nord plusieurs très beaux bâtiments.

A bicyclette, je tente de les rejoindre.

Mais le monastère cambodgien est fermé.

J'aurais tant aimé y entrer...

Je passe devant la Mahabodhi Society (Kolkata).

Son bâtiment ne m'incite pas à m'arrêter pour le visiter.

 

J'entre dans le Royal Thai Monastery.

Quelle grosse patisserie blanche, très kitch !

Je préfère le jardin.

Et l'intérieur du temple ne vaut guère mieux que l'extérieur. Impossible de juxtaposer davantage de couleurs criardes ! Cela étincelle comme en foires et fêtes foraines...

 

Au nord, j'atteins le bout du Canal central.

 

Au nord un bassin ne forme que les trois quarts d'un cercle, empli d'eau. Il met en valeur le musée de Lumbini.

Architecture étrange formée de cercles et de demi-cercles de briques. Ils permettent de faire entrer un maximum de lumière.

 

C'est un musée de Bouddha (entrée 50 Rs).

Coup de barre dès la première salle. Je m'allonge quelques minutes. Aucun visiteur, je suis tranquille !

Les collections contiennent de nombreuses répliques de statues, de belles photographies, divers objets. Lumbini, Bodhgaya, Sarnath et Kushinagar sont évidemment représentées.

Mais je reconnais beaucoup de documents (fresques, monastères, paysages...) du Ladakh, de l'Uttarakhand ou d'autres régions.

 

A vélo, je passe à droite, devant l'institut de recherche international de Lumbini. Il a été construit dans le même style, sans doute par le même architecte.

Ensuite, je fonce vers le grand stupa japonais, visible de loin.

 

Garant le vélo, je crève de soif. La chaleur est encore pénible vers 16h30. J'achète une bouteille d'eau fraîche et m'attable dans la dhaba.

Le guide népalais d'une jeune Coréenne m'alpague, me laisse ses coordonnées. Si je veux trekker...

 

A l'entrée du site, un bassin m'attire, ou surnagent des lotus mauves et jaunes. Ce stupa mondial de la paix, d'un blanc immaculé, est d'une grande pureté de lignes.

A gauche, une stèle donne des détails généraux (le stupa contient des reliques du Bouddha) et techniques.

L'architecte est japonais, M. Ohoka, le maître d'oeuvre également.

La hauteur est de 41 m, le diamètre à la base de 59 m.

La structure de base est en briques. Recouverte par du marbre du Rajasthan.

Durée de la construction : sept ans.

 

De grands lions blancs sculptés encadrent l'escalier monumental.

En haut, Bouddha debout, jaillissant d'un lotus, se tient devant une mandorle dorée, pleine de caractères noirs japonais.

Par la gauche, je monte la rampe. Des niches contiennent des sculptures et hauts reliefs de la vie du Bouddha.

Belle vue de la haut, qui n'est pas le sommet.

 

Vers 17h, une demi-douzaine de jeunes montent en procession jusqu'à la dernière plateforme accessible. Ils chantent, rythment leur montée en frappant une assiette d'une fourchette.

Devant le Bouddha, ils se prosternent et prient.

Je reviens à notre guesthouse dans le village de Lumbini, vanné mais content.

 

Le soir, Jean-Pierre s'étonne :

-"Tu n'as pas vu le stupa allemand ? Mais c'est le plus beau, je l'adore !"

-"En contournant le monastère chinois, je suis passé devant le temple français inachevé. A droite, je pensais que c'était un cul de sac. Le stupa allemand devait être un peu plus loin..."

-"Oui, ensuite le chemin devient très boueux. Tu dois absolument y aller demain. Si tu veux, je t`accompagne !"

-"C'est entendu, nous irons demain après-midi."

 

Le lendemain, nous approchons du Great Lotus Stup, de style tibétain, avec son haut stupa blanc, doré et rouge.

A  l'intérieur de l'enceinte, nus pieds, le sol surchauffé nous ébouillante la plante des pieds.

La façade est à demi masquée par de vastes panneaux de tissus, fixés entre les colonnes rouges, ornés de grands octogones blancs, bordés de motifs bleus.

 

Par la gauche, petit tour du temple.

Un kiosque protège un grand tambour à prières rouge, aux lettres dorées.

Sur les pelouses, nombreux groupes de sculptures, représentant des scènes de la vie du Bouddha. Ils enthousiasment Jean-Pierre.

 Je suis très réservé... Voilà qui me rappelle un parc d'attractions religieuses, du genre naïf, dont le bon goût s'avère discutable...

 

Je préfère nettement les fresques du mur extérieur.

Une magnifique Roue de la Vie nous retient un moment. Chaque groupe est séparé des autres : les enfers, le monde des animaux (inconscience), des hommes, des titans, des dieux...

Au centre, trois péchés sont symbolisés par un animal : l'orgueil (coq), l'ignorance (cochon) et la luxure (serpent).

 

A l'intérieur du temple, les fresques sont très claires.

Un gros gong vert pâle et rouge, est orné de têtes de dragons rouges.

Au fond, des meubles splendides occupant tout le mur contiennent livres, statues, et autres objets.

D'autres fresques extérieures sont remarquables. Entre autres, celle ou Siddharta coupe un morceau de sa cuisse pour l'offrir à une tigresse squelettique et à ses cinq petits et les sauver de la mort.

 

 

Nous quittons l'enceinte du temple allemand, pour rentrer dans notre guesthouse.

Une heure plus tard, nous allons à la gare routière prendre un bus de nuit pour Kathmandu.

Mais quelques jours supplémentaires seraient bienvenus, pour visiter les villages proches de Lumbini. Et aussi d`autres lieux de sa région.

  

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 07:53, le 11/07/2009 dans A2. LUMBINI (2), NOUVEAU CENTRE de PELERINAGE INTERNATIONAL, Lumbinî
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LUMBINI (1) ou la NAISSANCE du BOUDDHA (juillet 2009).

 

 

 

LUMBINI (1) ou la

 

NAISSANCE du BOUDDHA

 

 

 

 Il y a plus de 2500 ans, la reine Maya donne naissance à Siddharta Gautama, plus connu sous le nom de Bouddha.

Aujourd'hui, ce lieu historique est situé au sud du Népal, à Lumbini.

 

 

 

Venant d'Inde, je le visite deux jours au début de juillet 2009.

Les quatre lieux les plus sacrés du bouddhisme rappellent la vie du Bouddha : Lumbini (naissance), Bodhgaya (illumination), Sarnath (premier enseignement) et Kushinagar (mort), que j'ai visité avant Lumbini.

 

Louer un vélo le premier jour est pratique pour avoir une idée de l'ensemble du site, qui forme un vaste rectangle.

De nombreux pays et associations ont construits récemment temples et monastères en hommage au Bouddha.

 

Je pédale vers le sud, accède aux jardins sacrés, formant un grand cercle à la base du rectangle.

L'accès en est payant : entrée (50 Rs), appareil photo (75 Rs), davantage si l'on possède une caméra.

 

En 2003, le Maya Devi Temple restauré, a été réouvert.

Il a été construit pour protéger les ruines du vieux temple de Maya Devi, construit au IIIème siècle av. J.C.

A l'intérieur, The Marker Stone marque le lieu de naissance du Bouddha, au milieu des ruines.

A côté, une sculpture du IVème s. av. J.C. représente la nativité.

Mayadevi tient d'une main la branche d'un arbre sal.

Sa soeur Prajapati assiste sa délivrance et tient le bébé, qui sort du flanc droit de sa mère.

 

Le roi Sakya Suddhodana de Kapilavastu, avait pour femme Mayadevi.

Selon la légende, elle conçoit Siddharta en songe (Maya signifie "illusion"), pénétrée au sein par un éléphant blanc à six défenses.

Enceinte, celle-ci se rend à Devadaha, sa ville natale. Elle traverse les jardins de Lumbini, quand elle sent les douleurs de l'enfantement.

 

Sitôt né, l'enfant se met debout, prend possession  de l'Univers en se tournant vers les quatre points cardinaux et fait sept pas vers le nord.

 

 

Mayadevi se baigne alors dans un étang, devenu le bassin sacré, ou Paskarini. Après sa naissance le prince Siddharta y est purifié.

Aujourd'hui, le bassin est construit en briques rouges, avec des marches d'accès.

On situe la naissance du futur Bouddha vers 623 av. J.C.

Mayadevi serait morte une semaine plus tard, confiant son bébé à sa soeur et co-épouse Mahaprajapati Gautami.

 

A côté du temple, la colonne offerte par l'empereur Maurya Asoka est bien visible avec ses 18 mètres de hauteur.

Erigée en 249 av. J.C., elle porte une inscription en langue pali (graphie brahmane), qui authentifie la naissance du Bouddha à Lumbini.

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 07:41, le 10/07/2009 dans A1. LUMBINI (1) ou la NAISSANCE du BOUDDHA, Lumbinî
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