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BOUDDHA, le BOUDDHISME dans TOUS ses ETATS, à travers le PRISME du VOYAGE.


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VISITE A GHOOM (Darjeeling, 6.06.2011).

 

 

 

VISITE A GHOOM

 (Darjeeling)

 

 

 LE TRAIN MINIATURE

 


Aujourd'hui, je vais à Ghoom par le Toy Train, un train miniature construit par les Anglais au XIXe siècle.

A la gare de Darjeeling, j'achète un billet pour le train habituel.

Il existe des trains touristiques, beaucoup plus chers, où les étrangers se regroupent.

Les préparatifs sont assez longs : mise en place des wagons, arrivée de la locomotive. Le convoi ne démarre qu'à 10h15.

 

Dans mon wagon, les passagers sont tous Indiens. Certains adultes sont aussi excités que leurs enfants.

Chacun veut photographier ou filmer la montagne.

Je suis obligé de demander à un couple de s'asseoir, car il m'empêche de voir le paysage. 

 

Ghoom est la première station de la ligne au sud de Darjeeling.

Le train roule lentement, parcoure huit kilomètres en une demie heure.

Je repère à droite de la voie ferrée l'Ava Art Gallery, puis un immense monastère bouddhiste.

A Batasia Loop, le convoi décrit un cercle autour du monument commémoratif. Les photographes réagissent aussitôt.

 

 

MONASTÈRE SAKYA CHOLING

 

 

Ghoom est connue pour ses monastères bouddhistes.

De la gare, je descends la route jusqu'au Sakya Choling Gompa, repéré dans le train.

Une arche d'entrée donne sur un pont métallique, surplombant un ravin. Les détritus s'y accumulent...

Enfants et adolescents, en robe de moine, jouent au base-ball dans la cour.

 

Des escaliers mènent à un grand moulin à prières, puis jusqu'à la cour principale au sommet.

Une grande roue de bois est couchée au milieu de la cour.

Je salue d'un signe de tête quelques anciens, assis sur un banc.  

 

Dans la salle de prière, un moine psalmodie et chante, livre ouvert. Un second moine fabrique des bâtonnets d'étoupe.

Dans l'obscurité, je m'assieds près d'une fenêtre pour écrire.

Cette salle est presque identique à celles du Ladakh, de l'Himachal ou d'autres zones bouddhistes.

 

Un moinillon entre, allume quelques lampes, deux néons et repart.

Quand je récupère mes sandales, il éteint et ferme la salle.

Une petite pièce contient des dizaines de lampes à huile allumées. 

Des moines redressent joyeusement la roue de bois, la font rouler contre un mur. 

 

Je passe à l'accueil, où des Indiens viennent d'arriver. Pour s'informer, ou peut-être pour y loger. Ce gompa contient 82 chambres.

Le temps se couvre. La brume descend sur la ville. 

Après un tour du monastère, je repasse le pont métallique.

 

 

MONASTÈRE YIGA CHOLING

 

 

Un panneau indique la direction du Yiga Choling Gompa.

On traverse une rue d'échoppes, puis la nature réapparaît.

Le brouillard s'épaissit. Je photographie l'arche d'entrée, mais le monastère est noyé dans le brouillard.

 

J'entre à l'office, personne.

Je passe dans le hall de méditation. Surprise ! Une vingtaine de personnes dorment sous des couvertures contre les murs.

Ce sont des femmes. Il n'est pas midi. Drôle d'heure pour dormir. 

 

Dans la cour, des hommes repeignent les bancs et l'accès vers la salle de prières.

Un Anglais en robe de moine m'aborde. Il loge ici pour une retraite d'une dizaine de jours.

Et ces travaux de peinture ? C'est en l'honneur d'une grande fête, le 16 juin, qui attirera beaucoup de monde

Le célèbre Ananda Govinda a fondé ce monastère vers 1850.

Je crois avoir vu un livre de lui chez Albin Michel : "Les nuages blancs d'inconnaissances". Ce serait aussi une plaisanterie au sujet du brouillard de Ghoom !

 

Dans la grande salle, une vingtaine de personnes, moines et laïcs, sont réunies. Beaucoup prennent la parole.

Pas question de photographier.

Mais les fresques anciennes sont magnifiques. Une statue du Bouddha Maitreya. Je reviendrai après manger.

 

Je trouve une dhaba près de la gare de Ghoom.

Des jeunes hommes mangent, discutent vigoureusement et s'enfilent des bières.

Des habitués et le personnel me regardent écrire avec curiosité.

Les momos sont corrects.

 

Après le repas, je retourne au Yiga Choling

Disparaissant dans le brouillard, plus dense que ce matin, le Yiga Choling mérite son surnom : "monastère des ténèbres".

On ne voit rien à quelques mètres...

 

La salle de prière est gardée par un jeune moine.

Il me donne un autocollant avec le site du monastère. Je m'assieds et sors cahier et stylo.

-"12 roupies !", précise-t-il. Et de rajouter : "One photo, 10 roupies !"

Quel sens des affaires ! J'oublie ce businessman en écrivant.

 

Le bois donne un côté chaleureux à cette salle. Plancher, plafond, la balustrade circulaire autour de Maitreya, la plupart des meubles...

Les couleurs vives renforcent cette impression.

Le rouge carmin domine sur les colonnes, les meubles, les carrés du plafond à caissons.

Et le jaune habille le plafond, éclaircit les trois bibliothèques. Deux coiffes de cérémonie surmontent un gong.

 

Le temps passe.

Des bougies allumées font tourner trois moulins à prières.

Il pleut, le moine s'est endormi. Cet endroit est triste, tout le monde ne pense qu'à dormir.

Le moine sort pour se dégourdir.

J'arrive à la fin d'une page. Bon moment pour errer de nouveau.

 

 

BROUILLARD ET CRACHIN

 

 

Pluie et brouillard, un cocktail sinistre, idéal pour le tournage d'un film d'horreur ou de fantômes...

Visiter d'autres monastères ? Je n'en ai plus envie.

 

A la gare de Ghoom, j'attends en vain l'arrivée d'un train.

Cacaouettes, puis un thé pour patienter, me réchauffer.

J'ai froid dans ce brouillard, pimenté de crachin.  .

Alors je grimpe dans une jeep collective, plus rapide.

 

Au retour à Darjeeling : grand soleil et températures douces.

C'est le contraste habituel en montagne...

 

 

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 12:42, le 6/06/2011 dans J. VISITE a GHOOM (Darjeeling), Ghum
Mots clefs :

MONASTERES, TEMPLES de SARNATH (23.08.2009).

 

 

MONASTÈRES, TEMPLES  

 

 

de SARNATH

 

 

 

 

   

Sarnath regorge de lieux bouddhistes : monastères, temples, stupas, sociétés, associations, etc.   

 

N'ayant visité le village qu'une journée, je ne prétends pas à l'exhaustivité.
Mon but est de donner un aperçu de quelques lieux bouddhistes de Sarnath.

 

 

 


À droite du portail d'entrée du monastère tibétain, un texte peint sur le mur résume le drame du Tibet depuis son occupation par l'armée chinoise.
Dans la cour à droite, grande sculpture de Bouddha. Un texte est dédié à ceux qui ont donné leur vie pour libérer le Tibet occupé.
L'endroit semble idéal pour y passer quelques nuits. Beaucoup de chambres sont inoccupées.

 

 

 


A l'intérieur du temple, une femme médite.
Il n'est que 7h du matin, beaucoup de résidents dorment encore ou se lèvent tranquillement.
A 6h30, je loue un autorickshaw à Varanasi. En trente minutes, je me trouve à Sarnath.
A la guesthouse de mon ami Mathias, je laisse un mot, car les Français dorment encore.
La journée s'annonce belle, pas de pluie de mousson à l'horizon...

 

 

 


Le monastère japonais est tout proche.
Construit vers 1985, son style typiquement japonais semble intemporel.
Le beau jardin est parsemé de deux stèles, d'une statue de Bouddha...
Celle-ci le représente au parc aux Cerfs, prêchant la Voie du Milieu.

 


L'intérieur du temple est design, dépouillé.
Verticales et horizontales se croisent à angles droits, sans fioritures.
En revanche, le fond du temple est surchargé de statues, de lampes, de photos et autres objets souvent dorés. Le sacré prolifère en produits dérivés.

 

 

 


Surpris, j'admire une statue du Bouddha couché.
On s'attendrait à la trouver à Kushinagar, mais à Sarnath ?
Je suis seul et j'en profite pour la photographier à loisir.
Ses pieds sont très allongés. Cela a-t-il une signification particulière ?

 


Ce temple est d'un goût exquis à l'extérieur.

Je m'attarde un peu dans le jardin.
Simplicité dans la beauté.

 

 

 

 


Dans une rue parallèle, je passe devant un vieux portail abandonné, rongé par le temps.
Je le préfère cent fois au portail actuel du temple chinois !
Lequel rouge vif, massif et moche, me fait douter du bon goût chinois.

 

 

 


Le jardin est soigné, accueillant.
Buis, arbres, lanternes, guirlandes multicolores, agrémentent l'espace.
Mais les portails des quatre accès latéraux sont fermés. Impossible de vagabonder dans le jardin !
Seule la voie centrale menant au temple est ouverte.

 

 

 


L'intérieur est quelconque.
En revanche, je saute de joie en voyant un grand panneau visualisant sur une carte de l'Asie les voyages de mon ami HUANZONG ! (grand voyageur chinois du VIIe s.)
Je travaille en ce moment à un article sur son périple en Inde.

 

 

 


Après un petit déjeuner, j'attends 9h30 en écrivant.
Le gérant de la guesthouse m'a proposé de prendre le petit déjeuner avec le quatuor de Frenchies.
Je les rejoins attablés dans le jardin.
J'ai connu Mathias au Ladakh en 2007.
J'ai voyagé une dizaine de jours avec lui et ses deux enfants à Shey, Chemrey, Thiksé.
Nous avons même randonné dans le Cham (voir un article dans le blog "inde2").
Cette fois Mathias accompagne une amie et deux cousines.

 

 

 


Dans l'après-midi, je n'ai pas le temps de visiter les monastères thaïlandais et birman.
Je passe devant des dharamsalas, des bâtiments de la Mahabodhi Society ou d'autres associations.
Dans le blog "jainiste", je parle brièvement du temple jaïn, situé près du Grand Stupa, le monument le plus célèbre de Sarnath.

 

 

 


Le Grand Stupa (Dhamekh Stupa) mesure 35 mètres de haut.
Quand on visite les ruines archéologiques, on cherche inconsciemment à l'apercevoir. On espère trouver l'angle idéal pour le dessiner ou le photographier.
Sa silhouette est massive.
Sa base de pierre, remontant au IIe s., av. J.C. a un diamètre d'environ quarante mètres. Elle est décorée de frises florales et géométriques discontinues.
La partie supérieure en briques, cylindrique, est remaniée au VIIe s.
Cette masse de pierre et de briques n'est pas comparable au chef d'oeuvre de Sanchi, le merveilleux stupa n.1...

 

 

 


La plupart des temples et monastères, ravagés par des raids d'armées musulmanes se réduisent à leur infrastructure, au raz du sol.
On peut citer le Dharmarajika stupa, ou le vieux temple Mulgandhakuti (rappelant le lieu où Bouddha passe sa première mousson à Sarnath).
Je suis très déçu, en voyant les misérables restes du célèbre pilier d'Asoka.
De plus, ils sont protégés par une cage grillagée, qui les masque en partie...

 

 

 


À l'extérieur des ruines, on a construit en 1931 un nouveau 
Mulgandhakuti Vihara.
Il contient des reliques de Bouddha.
Les murs sont décorés de fresques du peintre japonais Kosetsu Nosu.
A côté, une enceinte protège un banian sacré, issu d'une pousse venant de l'arbre pipal du Sri Lanka.

 

 

 

 
 
 
 
Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 10:50, le 23/08/2009 dans I3. MONASTERES, TEMPLES de SARNATH, Sârnâth
Mots clefs :

SARNATH, MUSEE ARCHEOLOGIQUE (23.08.2009).

 
 
SARNATH, le MUSÉE

ARCHÉOLOGIQUE

 




 


Un voyage en Inde peut parfaitement se justifier pour visiter le musée archéologique de Sarnath. On ne ressort pas de tous les musées, conscient d'avoir vu plusieurs oeuvres exceptionnelles.

 

C'est le cas du musée de Sarnath.

 


Dans la guérite du jardin, on doit déposer sacs, appareils photo et caméras dans des casiers.

 

Dommage qu'on ne puisse photographier les oeuvres...

 

Dès l'entrée, une bouffée de fraîcheur nous euphorise.

 

La climatisation fonctionne à plein régime !

 

De plus, cette salle d'entrée est la plus belle.

 
Elle présente de nombreux Bouddha du Ve s, dans la posture de l'abhaya (offre de protection).
Deux énormes ombrelles de pierre, dont l'une est perchée sur son axe, donnent une idée de l'échelle des statues.
Et une Tara bien conservée, dont les seins en pamplemousse semblent prêts à exploser au moindre souffle...

Dans l'aile droite du musée, une salle regroupe les oeuvres hindoues.
Elles sont souvent abimées...
Mais une grande sculpture du XIIe s. est intéressante. Elle représente Shiva luttant contre le démon Andhaka.


La salle d'entree s'ouvre sur le célèbre Chapiteau aux Lions.
Il coiffait la colonne d'Asoka (IIIe s. av.J.C.), dont on peut voir des tronçons sur le site archéologique.

 

Du bloc de pierre jaillissent quatre lions sculptés avec leur tête, leur poitrail et leurs deux pattes antérieures.

 
Ils montrent les quatre points cardinaux, gueule ouverte, babines retroussées et crocs agressifs. Leur physionomie est ouverte, déterminée.

 


 

Au-dessus de leurs têtes était posée une Roue de la Loi en pierre.

 
Certains fragments de cette Roue sont exposés contre le mur.
 
Les pattes des quatre lions reposent sur un anneau, décoré d'une roue et d'un animal, en alternance.
 
Les animaux sont symboliques : taureau, cheval, lion et éléphant.
 
Le socle de l'anneau est une base sculptée en bouton de lotus, dont les nervures lisses sont très apparentes.
 

 
Ce bloc de pierre est massif, très stable, à l'image de la stabilité de la Loi bouddhique.
 
Le dynamisme de la Roue est lisible dans les boucles tourmentées de la toison des lions, les multiples rayons des roues, ou sur le bouton de lotus, dont les nervures rebiquent.
 
Et regardez ! Le cheval galope, le lion remue sa longue queue, tout change et se transforme...

Ce chapiteau est vraiment un chef d`oeuvre de l'art maurya, époque du grand empereur Asoka.
L'Union indienne l'a choisi comme symbole.
Il est dessiné au recto de tous les billets de banque indiens, en bas à gauche de chaque billet.

 
Mon oeuvre préférée du musée archéologique de Sarnath, représentative de la période gupta, est un Bouddha en posture d`enseignement.
 
Le siècle n'est pas précisé. Je suppose que c'est le Ve s. après J.C.
 
Son état de conservation est exceptionnel.
Seules les mains sont un peu abîmées, ainsi que les deux anges, en haut de la Roue.

 
La grande pureté de style de ce groupe sculpté me réjouit.
 
Art classique, qui maîtrise à la perfection les lignes et les symboles.
 
Tout est à sa place.
 
Changer un élément reviendrait à détruire l'harmonie de l'oeuvre.

 
L'oeil est d'abord attiré par le Bouddha, assis en posture de yoga.
 
Les deux plantes des pieds regardent le ciel.
 
Dos vertical, épaules bien en place.
 
Les mains se touchent, aériennes, et papillonnent.
 
La tête est droite, sereine. Les paupieres baissées, presque closes.
 
Le corps est fin, sans excès de graisse.

 
L'attention se fixe ensuite sur la tête du Bouddha.
 
Au sommet du crâne, un chignon. Les nombreuses bouclettes rendent visible une chevelure rase.
 
Le front est dégagé. Beauté des arcades sourciliaires, du nez et des yeux baissés.
 
Une lèvre inférieure plus épaisse donne à la bouche un aspect sensuel.
 
Les oreilles, étirées en longueur, ne détruisent pas cette impression d'harmonie.

 
Bouddha est assis sur le symbole d'une fleur de lotus.
 
Sous le siège, le public est représenté par six personnes en prière.
 
Au milieu, la Roue de la Loi avec deux cerfs (ou deux biches).
 
Derrière le Bouddha, une grande Roue stabilise l'ensemble sculpté.
 
Au niveau des coudes, deux léogryfes debout se dressent vers l'extérieur.

 
Ce Bouddha est une oeuvre magnifique, sublime sous un angle spirituel.
 
Avec ce groupe sculpté aux dimensions humaines, l'art gupta atteint son apogée.
 
La beauté du visage dégage une sérénité exceptionnelle.
 
L'aisance de la posture des jambes et des pieds, l'agilité des mains donnent au corps sa souplesse.
 
La Roue du Dharma symbolise cette perfection. Sculptée du côté extérieur, elle reste lisse en son coeur pour mettre en valeur la tête du Bouddha.


 
Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 08:46, le 23/08/2009 dans I2. SARNATH, MUSEE ARCHEOLOGIQUE, Sârnâth
Mots clefs :

MONASTERE BIRMAN (BODHGAYA). (17.08.2009).


 

MONASTÈRE BIRMAN

 
 

(BODHGAYA)


 

 



 

 

Si vous cherchez une chambre à Bodhgaya, au rapport qualité-prix imbattable, vous la trouverez certainement au monastère birman.
C'est un de mes lieux préférés au cours de ce voyage 2009.


Grâce à plusieurs bâtiments, parmi les dizaines de chambres, il y en a toujours une de libre pour vous !
L'accueil est simple, discret, efficace.
Je m'inscris dans leur registre plus de 24 h après mon arrivée...
Je règle six nuitées, non à la réception (vide à ce moment), mais à un moine, qui lisait son journal dans la cour...


Les chambres sont grandes, propres.
Beaucoup sont dotées de moustiquaires suspendues au-dessus du lit ! (Bien sûr, les fenêtres et la porte sont protégées par des moustiquaires permanentes).
A chaque étage, des douches et toilettes sont accessibles.
Depuis longtemps, je préfère une chambre sans salle d'eau. Celle-ci attire les bestioles gênantes...

 

Vive douches et toilettes à l'extérieur des chambres !


Une chambre ne coûte que 100 roupies la nuit.
On y reste le temps qu'on veut.
On ne viendra pas vous relancer pour vous faire partir !


Le monastère est un espace préservé, calme, très verdoyant et propre.
Quand je sors le matin, le contraste est saisissant...
Je m'élance dans une rue poussiéreuse, agitée.
On crie autour des autorickshaws, les moteurs pétaradent...
La boue, la poussière, les gaz d'échappement mélangent leurs miasmes...


Dans la grande cour du monastère birman, on entend souvent le chant des oiseaux.
Les quelques chiens sont aussi calmes que les humains.
La majorité des résidents sont des moines bouddhistes.
Dans le bâtiment où je loge, beaucoup de chambres sont inoccupées à partir du 2ème étage.

J'occupe une chambre au 1er étage, assez près du toit du temple.
Tous les matins, je grimpe sur le toit terrasse.
Le lever du soleil est rarement spectaculaire. Cette semaine, la mousson charge le ciel d'épais nuages.


Sur le toit, je dérange de nombreux oiseaux, très farouches, attirés par les arbres magnifiques de la cour.
Tourterelles, aigrettes, hérons, et tous ceux dont j'ignore le nom...
Pour les photographier, armez-vous de patience.
La patience, seule vertu vraiment indispensable en Inde.


 

 

Lionel Bonhouvrier.

 



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Publié à 10:17, le 17/08/2009 dans G4. MONASTERE BIRMAN (BODHGAYA), Bodh-Gaya
Mots clefs :

QUINZE AOUT a BODHGAYA (15.08.2009).

 
QUINZE AOÛT à BODHGAYA



 

Ce matin, 15 août 2009, un défilé parcourt les rues de Bodhgaya en l'honneur de la Fête de l'Indépendance de l'Inde (15 août 1947).
En tête, une fanfare, dont les musiciens portent un vêtement traditionnel multicolore, avec une coiffe de casoar. 
Je compte un trombonne, deux trompettes, une clarinette, un tambour, des hochets... et un éphèbe magnifiquement déguisé... sans instrument (la mascotte de la fanfare ?)


Le cortège s'immobilise au niveau de la poste, en contrebas du temple Mahabodhi.
En face, le petit square, où le buste blanc de Gandhi est honoré. 
Un homme passe une guirlande de fleurs au cou du Père de la Nation.
Le square est pavoisé aux couleurs de l'Inde.


Derrière les musiciens, une bannière blanche porte cette inscription : 

 
jeanamitabh BOARDING SCHOOL

Le défilé reprend.
Des groupes d'écoliers en uniformes avancent, certains jouant du tambour.
Sur un cheval, une jeune fille, tunique orange, tient un sabre...
 
Le cheval, couvert de pompons, de grelots et de colliers, est tenu en bride par un barbu enturbanné.
La cavalière porte sur son dos un bébé de chiffon.


Ensuite avancent des jeunes filles en sari blanc, liseré de rouge, tenant chacune un grand drapeau de l'Inde.
Derrière, des garçons en kimonos rouges, dont seuls les quatre premiers ont un petit drapeau de l'Inde.


Un char à boeufs, pavoisé de rameaux, transporte quatre garçons debout, visiblement déguisés.
Qui sont-ils ?
Je crois reconnaitre un Hindou, un Musulman et un Sikh.
Mais qui est le quatrième ? 
Impossible d'y voir un Bouddhiste ou un Chrétien...
Il ressemble à un cow boy !


D'autres écoliers, porteurs de drapeaux, en uniformes bleus, puis blancs se succèdent.
Sur un véhicule, une jeune fille debout se tient raide. C'est Miss India, coiffée d'un diadème doré, et portant le drapeau national.
Son visage maquillé et inexpressif, peu intelligent, me frappe.

Un véhicule transporte aussi une singulière potence.
Quatre jeunes hommes portent la corde au cou !
Ils reprennent en choeur un sloggan, sans se lasser.


Derrière, un tracteur décoré tire un grande charette.
Dans une jungle d'opérette, une demi douzaine de garçons, grimés en soldats, prennent des poses, miment la guerre.
Un garçon menace les autres de son arme avec délice en criant des ordres...


Je prends des photos des participants.
Je les inserrai dans cet article dans quelques mois.
L'après-midi, je visite une poignée de monastères bouddhistes.


 
*           *           *

 

Au delà du parc de Bodhgaya, le monastère chinois est fermé pour travaux.
A travers les vitres encrassées, difficile de voir les statues de l'immense salle du temple.
Un escalier en colimaçon rouge me plaît.
Dans le petit temple côté cour, je m'essaye à photographier une bougie flottante.


A côté, le monastère de Taïwan possède un temple minuscule, doté de trois grandes statues. Dont un Bouddha obèse, tout sourire...
Le nombre de chambres est considérable et des travaux sont en cours.
Du haut de sa terrasse, vue large sur un monastère tibétain, les gens dans leur cour, panorama sur la campagne...


Apres le musée archéologique, je longe le monastère du Bengla-Desh.
De la route, un grand Bouddha pastel ne passe pas inaperçu.


Le monastère royal Thaï me fait un peu peur.
Je me souviens du temple thaïlandais de Lumbini, copieuse pâtisserie blanche...
Ici, l'extérieur frise parfois le kitsch chic...
J'apprécie peu à peu ce style déconcertant. Je photographie surtout des détails : bouts de fenêtres, vitraux...


A ma surprise, l'intérieur du Royal Thaï me retient un moment.
Les revers de fenêtres sont magnifiquement gravés. 
Les vitraux sont originaux, leurs couleurs donnent une ambiance méditative.
En levant la tête, on découvre sur les murs de très belles fresques, illustrant des traversées océaniques, des explorations maritimes.

Quelques citations, éparpillées ça et là, invitent à la méditation. 
En voici deux :
-"Through wishdom one reaps happiness."
-"You should establish yourself in virtue, if you want to be successful in your life."


En tournant à gauche, je remonte la rue des monastères.
Une grande statue de Bouddha debout n'est pas accessible.
Puis j'ai envie d'entrer dans la Guesthouse du Sikkim.
Discussion avec le manager, originaire du Sikkim, qui vante ses montagnes et m'incite à y aller. Comme si j'avais besoin d'encouragement...


Le temple du Bhoutan est fermé, mais j'entre dans le temple tibétain Karma.
L'ensemble est récent. Les fresques extérieures respirent de fraîcheur.
A l'intérieur, d'autres fresques illustrent des épisodes de la vie du Bouddha (naissance, éveil, enseignement, nirvana).


A la sortie, je m'attable à la terrasse d'une dhaba (jus de fruit et boules au miel), exténué par la canicule hyperhumide, très désagréable.
Trois minus me persécutent, car je suis le seul étranger dans le coin. Ils s'exercent avec obstination à la mendicité, reprenant en choeur un slogan...
Je choisis l'indifférence totale. Avec de la patience, cela marche toujours. Cette fois, ces teignes abusent longtemps de la mienne...


Le temple japonais Daijokyo compte des deux côtés de l'allée un alignement de lampes de terre cuite.
A gauche, cet alignement s'incurve dans le jardin jusqu'à la statue d'un homme qui prie.
Dans le temple, la grande salle semble vide. Au fond, une sculpture de Bouddha, dans un cadre riche, où le doré domine.


Plus loin, les japonais ont construit une statue de 25 mètres de haut, dans le style Kamakura.
C'est un Bouddha assis, inauguré en 1989 par le Dalaï Lama.
Autour, les statues de dix disciples, cinq de chaque côté, complètent cet ensemble à la gloire des fondateurs du bouddhisme (Rahula, Ananda, Mahakassapa...)
Un orage me chasse de l'enceinte.
Je m'engouffre dans un rickshaw pour échapper à la douche.


 
Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 08:49, le 15/08/2009 dans G3. QUINZE AOUT a BODHGAYA, Bodh-Gaya
Mots clefs :

BODHGAYA ou ILLUMINATION (interpretation) (17.08.2009),

 
 
BODHGAYA ou
 
l'ILLUMINATION

(interprétation)

 

 

 


S'asseoir à l'ombre d'un banian.
Faire le vide, repousser les parasites de l'esprit.
Partir dans l'immobile à la recherche de la Vérité !

Sommes nous capables de comprendre - en ce monde obsédé par le téléphone mobile, internet, le zapping télévisuel et intellectuel, les écrans stressés et stressants - sommes nous encore capables d'une démarche comme celle de Siddharta Gautama ?

Méditer à l'ombre d'un banian.
Descendre dans ses abysses obscures, où l'ignorance, l'envie, la colère jouent à cache-cache avec leurs soeurs siamoises ?

Peut-être me faut-il empreinter la même Voie, spirale aspirée par le gouffre, pour raconter une telle aventure de l'Esprit.
Et creuser le labyrinthe de nos monstruosités pour atteindre au fond du puits, tout au fond, la Lumière ?

Le Bouddha l'a souvent répété : il n'est ni un dieu, ni le messager d'un dieu.
Ce qu'il a réussi, un autre homme peut l'accomplir.

Les maladies, la vieillesse, la mort forcent le jeune Siddharta à abandonner palais, famille, richesses. Il commence l'ascèse rigoureuse d'un ermite.
Au bout de six ans, il manque mourir de privations et d'invraisemblables austérités...
Par souci d'efficacité, il choisit une ascèse plus équilibrée, sa future Voie du Milieu.
Décidé à parvenir à l'Éveil, il médite plusieurs semaines sous un arbre de Bodhgaya.

Ainsi donc,
méditer en profondeur à l'ombre d'un banian.
Et dans ce puits d'humilité, heure après heure, attirer à soi -comme la mer attire les rivières - ce qui coule et se transforme, tous les mirages de l'instabilité.
Les passer en revue avec rigueur, un à un...

Etre confronté aux démons sous le banian.
La victoire au combat signe la vérité de la démarche.
Mara lutte contre Siddharta, comme Satan et ses ruses combattent Jésus dans le désert de Jéricho.
Et Siddharta et Jésus l'emportent contre les forces du Mal.

Siddharta Gautama nie les présences démoniaques sans les combattre, en toute sérénité.
Il affirme être parvenu à la compréhension totale de la nature, des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination. 
Par la concentration exceptionnelle des forces de son esprit, il atteint l'Éveil et devient le Bouddha (Bouddha signifie "l'Éveillé" en sanscrit).


Qu'est-ce que l'Éveil ? Qu'est-ce que l`Illumination ?
Et comment les atteindre ?

A Sarnath, Bouddha propose de suivre la voie du Milieu grâce à une méthode.
A Bodhgaya, il ouvre la Voie, purifie son propre esprit des conceptions fausses.
L'Illumination est une perception claire de la réalité.
Elle ne résulte pas d’une intervention surnaturelle, mais d'une attention particulière portée à la nature de l'esprit humain.
Elle est donc possible pour tous les êtres.

Le dictionnaire Shambhala définit l'illumination comme «un éveil du vide, dans lequel la personne est vide et même l'univers tout entier est vide."
Au sens bouddhiste, le vide est de l'impermanence, l’absence d’essence et l’imperfection, trois caractéristiques de la vie et du monde.

Le vide signifie que tout est en constante évolution.
Il n'y a pas de solidité, aucune forme permanente, tout change.

Le Bouddha l'a souvent répété : il n'est ni un dieu, ni le messager d'un dieu.
Ce qu'il a réussi, un autre homme peut l'accomplir.

 



Au temple de la Mahabodhi, on descend graduellement plusieurs escaliers depuis l'entrée.
Un Dieu, on lui construit un temple, perché sur une montagne - au plus près des Cieux.
A Boghgaya, on rend hommage à un homme, l'Éveillé, qui est descendu au fond de son puits intérieur.

Le temple est donc construit au creux du site.
Je découvre une flèche pyramidale de 50 mètres de hauteur, encadrée de deux autres plus petites...
Cette débauche d'architecture est une erreur, dont les religions sont coutumières.
Les hommes adorent l'idolâtrie !

Siddhata Gautama aurait préféré un simple banian.
Que l'on dynamite cette masse de pierres !
Ne gardons que l'arbre de la Bodhi, ou plutôt une pousse de l'ancien banian, rapportée du Sri Lanka, devenue considérable.

Mais c'est beaucoup demander aux hommes.
Entrer dans le site sacré, descendre les marches et ne trouver en bas qu'un arbre...
L'humilité est une vertu d'élite.

Trois flèches massives de pierres flattent l'ego des fidèles et des prêtres, détournent de l'essentiel.
En l'occurrence... s'asseoir à l'ombre d'un figuier pour méditer, à la recherche de la Vérité.
 


Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 08:47, le 14/08/2009 dans G2. BODHGAYA ou ILLUMINATION 2, Bodh-Gaya
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BODHGAYA ou l'ILLUMINATION (histoire) (13.08.2009).


BODHGAYA ou

l'ILLUMINATION

(histoire)




 

 
Bodhgaya est un lieu serein, où l'on séjourne volontiers après avoir posé son sac dans un des monastères.
Dans le Mahabodhi temple, le banian sacré est une pousse de l'arbre sous lequel Siddharta méditait sur les excès de la vie avant d'atteindre l`Illumination.
L'histoire est célèbre.

 



 

 

*           *           *

 


 


 
Confronté à la réalité de la souffrance (maladies, vieillesse, mort), Siddharta Gautama est déçu par la vie profane. I
 
l rejete famille, palais et richesse.
Voulant comprendre le véritable sens de la vie humaine, il commence une vie d'ascèse, à la recherche de la vérité.
Il suit les enseignements de plusieurs ermites et s'inflige des pratiques méditatives austères.


Son premier maître lui apprend à maîtriser le septième dhy?na, la sphère du néant. Cela lui semble insuffisant.
A Rajagraha (Rajgir), son second maître lui enseigne le huitième dhy?na, la sphère de ni perception ni non-perception.
Siddharta estime ne pas avoir trouvé la voie vers le nirvana.


Pendant six ans, Siddharta pratique des austérités physiques rigoureuses avec cinq compagnons.
Il manque mourir d'abstinence et décide de trouver une autre voie.
 

 


 

A Bodhgaya, il abandonne des pratiques, qui ne débouchent pas sur une meilleure compréhension du monde.
L'extrême rejet de soi ne mène pas au bonheur ultime.
Il accepte des mains d'une jeune fille un bol de riz au lait, mettant ainsi fin à ses mortifications.

Il choisit la voie du Milieu, ou moyenne, qui refuse le laxisme comme l'austérité excessive.
Ses cinq disciples l'abandonnent, se jugeant trahis.
Siddharta se concentre alors sur la méditation.
Il décide de ne compter que sur sa conscience pour le guider sur le sentier de l’Éveil et de l’Illumination.


Siddharta Gautama s'assied alors sous un pippal (Ficus religiosa).
Il fait le vœu de ne pas bouger avant d'avoir atteint la Vérité.
Il entre dans une méditation profonde au cours de laquelle il purifie complètement son esprit des conceptions fausses.

 


 

Mara, démon de la mort, s'effraye du pouvoir que cet homme obtient grâce à la paix de l'esprit.

 

Il pourrait délivrer les hommes de la peur de mourir... 

 

Pour perturber sa méditation, Mara lance contre lui de terribles démons et ses filles séductrices.
En vain.

 


 

Une main posée sur le sol, Siddharta prend la terre à témoin de ses mérites passés.
Accédant à l'Éveil ou Illumination, Gautama devient le Bouddha ("celui qui est éveillé" en sanskrit).
Il nie les présences démoniaques sans les combattre, en toute sérénité.

Il affirme être parvenu à la compréhension totale de la nature, des causes de la souffrance humaine et des étapes nécessaires à son élimination.

 


 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 07:18, le 13/08/2009 dans G1. BODHGAYA ou ILLUMINATION 1, Bodh-Gaya
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L'UNIVERSITE DE NALANDA (12.08.2009).


L'UNIVERSITÉ de NALANDA



 


Le stupa de Sariputta est la ruine la plus représentative de l'université de Nalanda, qui compte de nombreux monastères et temples.
Au cœur de l'empire de Magadhan, terre sainte du bouddhisme (Bihar), subsistent les ruines de Nalanda, cité monastique et métropole spirituelle du monde bouddhique.


La tradition rapporte que Bouddha et Mahavira ont fréquenté l'université de Nalanda. Ashoka (empereur Maurya au IIIe s. av. J.C.) fait bâtir des monastères et des temples sur le domaine.
Nagarjuna (fin du IIe s.), le philosophe bouddhiste, est un étudiant et professeur célèbre de Nalanda. 


Au milieu du Ve siècle après J.C., Kumaragupta Ier (roi gupta) fonde un monastère sous le nom de Mahavihara (de Maha : grand et vihara : monastère).
L'université religieuse grandit rapidement.

 

Son prestige s'accroît sous le règne brillant d'Harsa de Kanauj (606-647). Ce roi lettré compose vers et pièces de théâtre. C'est le dernier roi bouddhiste de l'Inde du nord.
À son apogée au VIIe s., Nalanda accueille 2 000 professeurs et 10 000 étudiants.
De renommée internationale, elle attire des moines étudiants du Tibet, de Birmanie, d'Indonésie, de Corée et de Chine.


Le voyageur chinois Xuanzang y étudie et y enseigne plusieurs années au VIIe s.
Il en fait une description enthousiaste dans son compte-rendu de voyage. 
Avec une bibliothèque et un observatoire, l'université compte alors quatre mille étudiants.
On y accède par une série de tests très difficiles : deux tiers des candidats échouent...


Les textes du bouddhisme sont obligatoires.
Védas et Upanishad sont enseignés par des brahmanes.
On y étudie aussi la cosmologie, la philosophie, la logique et la grammaire.
Ainsi que la médecine, la chirurgie, les mathématiques et la physique.


Les cours sont gratuits, car l’université est financée par des revenus collectés dans les villages locaux (les villageois fournissent également la nourriture).
La fin des études se termine par la soutenance d'une thèse.


Les rois Pala, qui gouvernent le Bihar et le Bengale (mi VIIIe s. - fin du XIe s.), embellissent Nalanda.
L'université devient un foyer artistique, qui influence le monde bouddhiste au travers des styles que les étudiants étrangers rapportent chez eux après leur séjour d'étude.

 

De même, des souverains étrangers invitent des maîtres de Nalanda à venir enseigner dans leur pays.

Ainsi vers 750, un roi du Tibet appelle Padmasambhava, qui fonde le bouddhisme tantrique tibétain.


Nalanda sert aussi de modèle à d'autres universités - comme Vikramasila.
Celles-ci participent à la propagation du bouddhisme.


Au IXe s., combattu par les nouvelles philosophies hindouistes, le bouddhisme décline en Inde.


Vers 1200, l'université est détruite par des Turcs musulmans lors de leurs raids dans la vallée du Gange. 
Les moines se réfugient dans les montagnes en Assam, au Népal, au Cachemire et au Tibet.
Une tentative de reconstruction échoue, car des brahmanes mettent le feu aux nouvelles structures. Le site est abandonné.


Au musée de Nalanda, un grand nombre de bronzes bouddhiques et hindous des périodes Gupta, post-Gupta et Pala, sont exposés.


 
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Je passe deux nuits au monastère bouddhiste chinois de Nalanda.

Je travaille tout le temps.

Pour me détendre, dans le grand jardin, je joue avec les innombrables chiens et chiots du monastère (sauf avec deux ou trois, stupides aboyeurs).

 


J'aime aussi converser longuement avec le prêtre et manager des lieux, en soirée ou après un repas.
Nous parlons de l'Inde, des Indiens, de la misère, du manque d'éducation de beaucoup d'Indiens, des relations entre les habitants et le monastère, de la corruption assez générale parmi les hommes politiques au Bihar...

J'en viens à parler de plusieurs de mes voyages en Inde.

 


La dernière soirée, nous échangeons nos projets.

Il souhaite obtenir un congé pour écrire sur l'histoire indienne.

Nous nous interrogeons sur le sens de la vie, sur ce qui importe dans une vie d'homme.

 

Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 07:11, le 12/08/2009 dans F2. UNIVERSITE de NALANDA, Nālanda
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NALANDA (11.08.2009).


NALANDA






 
Je vais bâtir ma demeure
 
de la façon la plus solide
 
en commençant par l'esprit
 


 
Seule, une poignée d'amis importe
 
qui n'ont pas froid aux yeux
 
qui acceptent de payer
 
le prix de leur liberté
 


 
Mais que faire de tous ces mendiants ?
 
Les parents incitant leurs enfants
 
se servant d'eux sans remord ?
 


 
Je refuse d'être sentimental
 
la dignité n'est pas à vendre
celle d'autrui m'importe trop



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Le Bihar est l'un des Etats les plus pauvres, les plus arriérés, de toute l'Union indienne.
Et ce n'est ni un hasard, ni une malchance.

L'habitude de la mendicité, une éducation faussée par l'influence des castes, la résignation devant la pauvreté, la corruption d'une grande partie des hommes politiques du Bihar...

Dans cet Etat, les scandales sont nombreux, les journaux les relatent au quotidien...



Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 06:09, le 11/08/2009 dans F1. NALANDA, Nālanda
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RAJGIR, TERRE MYSTIQUE (10.08.2009).


RAJGIR, TERRE MYSTIQUE



 

C'est une terre de pèlerinage pour de nombreuses religions.
Pour les bouddhistes, car Rajgir était le lieu préféré du Bouddha.
Pour les jaïns, car plusieurs tirthankars y ont vécu, dont le célèbre Mahavira.

Mais également pour les hindous et les musulmans...


Rajgir, ou Rajagriha (en sanskrit), signifie "le Palais royal".

 

C'est la capitale de l'Empire Magadhan, florissant au VIe s. av. J.C.

C'est la première capitale connue de l'histoire indienne.


Sa fondation est inconnue.

On y a retrouvé des restes de céramiques datant de 1000 av. J.C.

D'après Xuanzang, grand voyageur chinois, (voir l'article sur lui) la vieille ville était située dans une autre vallée, entourée d'une muraille de pierres cyclopéennes.

La ville nouvelle, plus vaste, était construite près de l'actuelle Rajgir.


Rajgir est située dans une vallée verdoyante, entourée de collines rocheuses, traversée par la rivière Banaganga.

Collines et grottes environnantes étaient habitées par des maîtres spirituels, des métaphysiciens et par les philosophes des Upanishad.

Rajagriha était le centre d'une grande activité religieuse et intellectuelle.


Siddharta Gautama fait plusieurs visites à Rajagriha (en pali : Rajagaha).

Il habite différents lieux de la région.

Son lieu de séjour préféré est Gridhrakuta, le célèbre Mont des Vautours, ou Pic des Vautours.

Il y séjourne 12 ans dans un monastère. Ses enseignements y sont écrits pour la première fois.


Seize ans après son Illumination, Bouddha réunit à Saptaparni une assemblée, présidée par Mahakassapa.

Chaque année, 5000 moines et nonnes se rassemblent, pendant les trois mois de la saison des pluies.

Bouddha délivre au Mont des Vautours l'essentiel de son enseignement :

- le Sutra du Lotus, qui promet le salut à tous les êtres

- le Sutra de la perfection de la Sagesse (Prajnaparamita).


Bimbisara, roi du Magadhan, est un grand admirateur du Bouddha, avec lequel il s'associe.

La tradition bouddhique raconte deux visites du Bouddha au roi, avant et après son illumination.
Bimbisara offre au Bouddha un bois de bambous, où est construit le premier monastère bouddhique, au lieu dit Venuvana.
Le médecin Jivaka, originaire de Rajgir, donne le monastère de Jivakambavana.


Je visite en tonga, avec une amie japonaise Fuka, plusieurs lieux bouddhistes de Rajgir.

Un temple birman possède un porche d'entrée avec trois flèches, composées de plusieurs toits.

Des éléphants debout sont gravés dans le bois des portes.

Sur les marches, deux fillettes s'épouillent mutuellement.



Après la visite de Virayatna (ashram jaïn), nous arrivons à l'entrée du temple japonais moderne.

A droite sous un kiosque, un grand Bouddha blanc est assis. Il offre sa protection par le geste de l'Abhaya.

En face, une belle stèle grise, aux calligraphies dorées, précède le temple.

La façade blanche du temple, à lisérés dorés, étincelle au soleil de midi.

Quatre lions dorés se figent autour des marches, abrutis de soleil.



A l'intérieur, une immense salle est éclairée par une grande verrière zénitale.

 

Un autre Bouddha, dont la main droite touche le sol, rappelle sa méditation sous l'arbre de la Bodhi.


Un pont donne accès à un sous-bois, où nous essayons de nous rafraîchir.

Sans grand succès...

Des gamins nous tournent autour, brûlant de discuter, ou de nous servir de guide.

A la sortie, les marchands qui nous ont vendus un guide de Rajgir, nous assaillent de nouveau, vautours au discours immuable...

La patience est la qualité essentielle, en Inde.


J'aborde maintenant certains aspects hindouistes de Rajgir.

Rajgir est mentionnée dans le Mahabharata.
Son roi Jarasandha, adepte des arts martiaux, combat les Pandava et tient en échec Krishna.
Les parties de son corps amputées se ressoudent d'elles-mêmes !
Certains lieux évoquent ces combats. Notamment l'un opposant Bhima à Jarasandha. Bhima finit par tuer son coriace adversaire...

 

Rajgir possède de nombreux temples hindouistes.

 
Ceux de Shiva, de Durga par exemple.


Rajgir est aussi une ville d'eau, grâce à la présence de sources sacrées pour les quatre religions (bouddhique, hindouiste, jaïne, musulmane).

Dans l'enceinte du temple hindou de Lakshmi Narayan, je descends les marches des bains.

On se jette sur moi ! Un prêtre m'impose une prière annonée à toute vitesse, avec force gestes impressionnants. Coincé, je me fends d'un bakchish...

D'autres reniflent le pigeon... Mais je résiste...

Une fois en maillot de bain, je ne peux veiller sur mon sac et mes vêtements... Je les confie donc à un autre prêtre, qui se pourlèche à l'avance...


Avec d'autres Indiens, je me baigne trente minutes dans un petit bassin,alimenté par une source d'eau chaude.

Etant donné le contexte, l'eau est assez salée...

Avant et après le bain, on passe sous une fontaine d'eau chaude, cela décrasse...

Je ne pinaille pas, canicule oblige...

Après ce bain, je baigne d'euphorie, deux heures planant...


 


Je détaille le rôle que joue Rajgir pour les Jaïns dans un article spécial (RAJGIR JAIN en TONGA, dans le blog "jaïniste").

Quant à son importance pour les musulmans, je ne m'en suis guère aperçu sur place, par manque de temps.

Des recherches s'imposent !



Un de mes endroits préférés à Rajgir passe inaperçu pour beaucoup de visiteurs.

C'est une petite acropole au sommet d'une butte modeste, qui forme un parallèlépipède, muré par de gros blocs de pierres.

L'acropole est elle-même enchassée dans un espace plus vaste, clos de pierres semblables.

A l'intérieur, dix stèles de pierre sont dressées, dont une, bellement sculptée.

D'autres blocs de pierre jonchent cette carrière particulière.


J'ai plaisir à tourner autour des stèles.

Le lieu évoque une Mycènes miniature, espace vibrant d'énergie, où tout est possible.

A côté, quelques tombes musulmanes subsistent, beaucoup plus récentes que l'acropole.

 
Pour prolonger ce plaisir, je photographie en macro-numérique fleurs et insectes.
Vous avez dit mystique ?

 


 


 

A SUIVRE...

 


 

Lionel Bonhouvrier.




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Publié à 06:06, le 10/08/2009 dans E3. RAJGIR, TERRE MYSTIQUE, Rājgīr
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SHANTI STUPA de RAJGIR (9.08.2009).



SHANTI STUPA de RAJGIR




 
Les tribus d'Indiens en sari/pantalon-chemise
 
par troupeaux ont déserté


 
Solitude à deux :
 
mon amie japonaise dessine


 
j'inscris le paysage dans des mots
 
où la paix respire


 
Deux longos perchés sur un arbre
 
le regard éperdu


 
contemplent les collines
 
grognent devant leur beauté


 
Le gong du temple bouddhiste
 
bat la mesure régulière
 
d'une mélopée grave, profonde


 
La nature récapitude son monde sonore :
 
un coq chante le lever au coucher du soleil
 
pépiements des oiseaux
 
braîement d'un âne
 
voix humaines trouées d'espace
 



*           *           *



 
On peut accéder au Shanti Stupa grâce à un télésiège.
En huit minutes, il transporte les passagers, individuellement, jusqu'au sommet de la colline (Ratnagiri Hill).
On traverse un sous-bois, accueillis par de gros singes plutôt calmes.
Visiblement, ils sont fort bien nourris...


Resplendissant de blancheur, le stupa japonais ressemble à ceux que j`ai vu à Leh, au Népal (Lumbini) ou ailleurs.
Forme classique, orné de sculptures dorées du Bouddha représentant sa naissance, son illumination, son enseignement et sa mort.
Le concepteur est japonais : N. Ohoka.


Ici, chaque aménagement est réfléchi : un portique et sa grosse cloche, les sculptures de lions jaunes, les portails blancs, les stèles japonaises calligraphiées, les lampes de pierre...


Plus haut, la musique attire les visiteurs.
C'est un temple japonais, où chacun peut s'exercer à battre le rythme sur un tambourin.
La cadence est donnée par deux moines, imperturbables.
Le résultat est parfois cacophonique... Certains enfants, et quelques adultes, s'amusent beaucoup à faire du bruit !


Je retrouve Fuka à la sortie du temple.
Nous descendons la colline trente mètres, à la recherche d'un peu de tranquillité...
Le paysage dévoile plusieurs collines. En cette fin de belle après-midi, on respire.
En contrebas, c'est le fameux mont des Vautours, tant aimé par Siddharta Gautama.
Après quelques photos, nous nous installons.


Fuka dessine la cloche.
J'écris un poème.

Ceux qui passent se montrent discrets.
Notre solitude s'avère acceptable.


Plus tard, nous descendons le chemin qui mène au mont des Vautours.

Nous y sommes presque quand Fuka claque une tong. 
Du coup, je me rappelle l'heure. Il est près de 17h, heure de fermeture du télésiège...
Remontée en suant, car la chaleur persiste...


Au télésiège, nous nous installons sur notre siège individuel.
La descente est aussi jouissive que la montée, dans un silence parfait, sans le moindre frottement.
Si j'avais su que je marcherai sur les traces du Bouddha, en planant comme un vautour, du haut d'un télésiège !


Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 06:47, le 9/08/2009 dans E2. SHANTI STUPA DE RAJGIR, Rājgīr
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AUBE A RAJGIR (8.08.2009).


AUBE à RAJGIR

 

 

 


 

 
Dans l'espace clos, infini

 

 
d'une chambre

 

 
entre ses murs bleu ciel

 

 
une paix fraîche

 

 
anime le linge sur la corde

 




 
Chambre marine : rectangles bleus

 

 
que le miroir reflète

 

 
klaxons, voix humaines s'infiltrent

 

 
peu à peu l'hélice nous propulse

 

 
hors des rêves sous-marins

 




Lionel Bonhouvrier.



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Publié à 06:33, le 8/08/2009 dans E1. AUBE A RAJGIR, Rājgīr
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